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CLAIR OBSCUR" We gave a party for the gods and the gods all came"

Rock Français
jeudi 16 avril 2009 par prog

Depuis 1981, Clair Obscur sort des sentiers battus, mêlant compositions froides et post punk et théâtralité animale sans cesse renouvelée. Après moult rééditions et autres compilations de luxe (le superbe double LP , Collection Of Isolated Tracks / 1981-1988), les frères Demarthe nous livrent enfin la suite de Nulle Aide… paru en 1999. Cela valait le coup d’attendre car Clair Obscur est aujourd’hui à son meilleur, plus physique et enragé que jamais. We gave a Party for the Gods and the Gods all came (...)


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CLAIR OBSCUR" We gave a party for the gods and the gods all came"

jeudi 5 avril 2012

c’est tout à fait ça. Ce groupe est génial. Il n’a jamais failli, s’est toujours lancé des défis qu’il a relevés avec un brio incomparable. J’ai écrit divers textes sur eux, à paraître un jour, bientôt en ligne dans mon espace d’auteur. En voici un, en forme d’hommage :

Blume

Le déclin de la fleur en son éclat clair-obscur.

Une fleur chante dans la nuit sa solitude éclairante.

Blume aura ainsi connu à ce jour pas moins de quatre déclinaisons sur quatre décennies, quatre saisons musicales traversées par l’hiver omniprésent dans cette musique granitique.

Sur cette roche dure, la fleur s’accroche, renouvelant le balancement de ses rythmes au gré des vents.

Noces du minéral et du végétal.

Aucune concession au goût dominant dans cette approche du déclin, mais au contraire la ferme intention de montrer la fleur dans tous ses éclats.

Qu’il neige ou qu’il vente, la fleur tient bon dans les méandres ardues de cette musique inouïe qui lui donne vie.

Sous une rafale de mitrailleuse, la voilà qui sourit.

Des glissandi électriques font basculer l’oreille dans des nuances violacées qui s’insinuent, discrètement d’abord, dans l’espace laissé libre par les crépitements secs d’une caisse claire, puis de plus en plus intensément, virant au bleu-nuit, soutenus maintenant par une basse énorme d’une noirceur d’ébène, qui ponctue une plainte d’outre-tombe à laquelle Christophe Demarthe prête sa voix grave noyée dans la réverbération.

Les paroles sont à peine audibles dans cette première version, tout à l’opposé de la dernière en date qui monte dans l’air tel un parfum vénéneux.

Une basse synthétique martèle l’enclume du temps, régulière, empreinte de noblesse, grave et souple à la fois, suivie au bout de quelques secondes à peine par la voix du même Christophe Demarthe autour de laquelle s’enroule aussitôt une flûte ensorceleuse.

La flûte déroule une psalmodie qui s’enroule autour de la voix qui chante d’abord dans un registre grave de baryton léger, avant de basculer, extatique, dans un registre de haute-contre.

Ce n’est qu’à la fin du morceau que la voix redevient pour ainsi dire naturelle en se faisant presque parlée, puis criée.

Tout le morceau est un climax qui culmine sur une note tenue par la flûte présente d’un bout à l’autre à l’exception de l’ouverture.

Effet saisissant.

Les deux versions intermédiaires datent de la période centrale du groupe qui le vit passer avec une grande aisance d’une musique nettement industrielle dans son vocabulaire à une musique chambriste d’un raffinement sonore étonnant.

Freude Meine Freuden O freuen sie sich Und singen Ja singen Die Blumen

Jean-Michel Guyot 8 mars 2012


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