Editorial du 8 au 15 juin

vendredi 8 juin 2012 par Radio-Grésivaudan

Danger : l’anti-France est de retour !

 

Ainsi donc, nous entrerions maintenant dans une nouvelle période historique de notre beau pays ? Et si l’on en croit ce que nous annoncent ceux qui tinrent les rènes depuis quelques lustres, le pire est à venir, et la catastrophe est au bout du chemin. Il faut bien reconnaître que ces nostradamus savent de quoi ils parlent, à observer l’état dans lequel leur savoir-faire a laissé notre économie aussi bien que notre vivre ensemble. Et la crise a bon dos qu’ils appellent sans discontinuer à la rescousse de leur discours .Et, à les entendre, ils détiennent seuls la légitimité du pouvoir, la gauche ne l’obtenant que « par effraction »selon l’un des fidèles serviteurs du conservatisme le plus ultra-libéral.

Ainsi donc, braves gens, le temps serait venu de tous les laxismes imaginables : explosion de la dépense publique, massacre fiscal de la classe moyenne- ah ! la classe moyenne !- assistanat, fraude aux allocs, à la sécu, délinquance galopante, perte de tout sens moral, du goût du travail, de l’effort, destruction des valeurs familiales, patriotiques, explosion des communautarismes. A l’opposé des valeurs mises en avant par les représentants de la vraie France : responsabilité, sécurité, liberté.

 

Liberté, liberté, liberté ! Voilà le maître mot, la valeur transcendante : liberté d’entreprendre, liberté de spéculer, liberté de licencier , liberté de faire fructifier le capital, liberté, liberté, liberté. « Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence ». Ainsi parlait déjà un dangereux crypto-gauchiste de l’anti-France nommé Léon Blum. Et avec un taux de pauvreté record ( 13% de pauvres selon les chiffres Eurostat) que signifie cette liberté pour le chômeur de Gondrange, la caissière de super-marché, le petit producteur essoré par la grande distribution, l’étudiant au régime sandwich, le retraité aux restos du coeur.

Discours démagogique ? Ou plutôt indécence de ceux qui, du haut de leur suffisance replète, fustigent les pauvres, les chômeurs, tous des fainéants, des assistés. Indécence de de ceux qui donnent des leçons de patriotisme et qui expatrient leurs avoirs dans les paradis fiscaux dont on nous disait qu’ils étaient désormais en voie de liquidation et qui ne se sont jamais aussi bien portés.

Et si cependant les choses commençaient à changer ? Si l’inquiétude changeait de camp ? Les rapprochements qui s’initient – avnt de s’installer- entre la droite dite républicaine et la droite extrème qui le deviendrait, illustre une nouvelle fois la statégie mise en œuvre par les conservateurs pour se maintenir ou reconquérir le pouvoir : faire en sorte que les pauvres s’opposent entre eux et se déchirent : les chômeurs contre les travailleurs, les jeunes contre les vieux , les blancs contre ceux qui ne le sont pas, l’intérieur contre l’extérieur avec, si possible, quelques boucs émissaires pour la soif. La recette a fait ses preuves.

« Faut pas rêver !- me dit mon ami Marcel qui est loin d’être un con- les choses ne vont pas changer comme ça. Y aura sûrement des déceptions, des frustrations ». Possible. En attendant, quelque chose a bougé. A nous de faire fructifier ce qui est peut-être en train de naître.

Et commençons déjà par aller voter.

MA