editorial du 9 au 16 mai

vendredi 9 mai 2014 par Radio-Grésivaudan

 

Que les lecteurs/auditeurs de ma radio préférée me pardonnent si, pour une fois, je renonce à subir, voire à commenter ce qu’il est convenu d’appeler l’actualité. Mais, je vous l’avoue, j’ai une indigestion de Copé. Et même la conversion bouleversante de Frédéric Lefèvre découvrant les vertus du « tirons tous dans le même sens » n’a pas déclenché chez moi ce qui naguère m’aurait interpellé derechef.
Sans doute est-ce l’effet de ce printemps soudain qui me titille et me suggère d’aller voir ailleurs et de m’abandonner aux effluves de mai.
Ô le joli mai
l’air sent la grive et le thym
l’agneau caracole

Il en va des mois comme de toutes choses, certains vous inspirent plus que d’autres et reconnaissez que mai c’est quand même autre chose que février. Février a peut-être quelques atouts- les effets de la bissextilité ?- mais mai c’est autre chose : trois ponts cette année, à faire trépigner Gattaz, et une douceur à nulle autre pareille.

L’écume des fleurs
aux commissures de mai
la prairie palpite

Et que celles et ceux qui vous disent ne pas ressentir ces troublants frémissements où l’âme- et le reste- s’élève soudain jusqu’à ces contrées où le désir s’épanche, Boutin me pardonne., sont de fieffés menteurs.

En mai m’a-t-elle dit
fais de moi ce qu’il te plaît
ô divin marquis

Et ne m’en veuillez pas si je cède aux sombres délices de la nostalgie : c’est le privilège des survivants que de pouvoir ronronner à l’évocation de ces temps furieux et joyeux où nous reconstruisions le monde, filles et garçons sur les mêmes marches de l’instant, entre Sartre et Mendès , tout près de défaillir à l’appel de la classe ouvrière.

Mai jubilatoire
ô printemps des dissidences
calcaire du temps

Mai des filles en fleur et des chemins du cœur , mai des victoires et des lendemains qui chantent, mai des matins clairs et des rires voyageurs, mai du tout est possible et des chants de victoire, ainsi va mon humeur au moment de la plume, loin des miasmes du moment .
Que ce mai soit celui de la fraternité et de l’échange à un moment où le pire est à nos portes : le 25 de ce mois sera-t-il le jour sombre annoncé ?

Réveillons-nous.

MA