editorial du 8 au 15 mai

jeudi 7 mai 2015 par Radio-Grésivaudan

En ces temps où le morose s’affiche comme obligatoire, où l’indignation tient lieu de réflexion, où les experts colonisent l’espace médiatique, où les gourous libéraux pondent ou défèquent leurs recettes en pret-à-porter, où les radio-trottoirs tiennent lieu d’investigations sociologiques, il n’est pas inutile de prendre quelque distance pour souffler un peu, ce qui ne veut pas dire que l’on se désintéresse du monde tel qu’il va. Personnellement je garde toujours, quoi qu’il m’en coûte, une oreille en éveil, moi le mécréant, même quand c’est le pape qui s’exprime, Boutin me pardonne.

 J’en étais là de mes vaticinations quand m’est arrivé, quoiqu’un peu assourdi par le babil médiatique, l’écho d’un hold-up dont, une fois n’est pas coutume, l’auteur et certains de ses complices ont été immédiatement identifiés. Chose rare en vérité, comme si les braqueurs avaient tenu à donner la plus large publicité à leur méfait. Ceux qui me connaissent savent mon penchant pour tout ce qui touche à la planète, ma sensibilité « nature » à fleur de peau, mon goût pour les oiseaux, sans qu’on puisse cependant me qualifier de calotin vert. Je sais, quand il le faut, prendre mes distances et remettre les choses à leur juste place, à leur juste rang, sans céder aux pleurnicheries. Mais, quand même, en ce début mai, au moment où la nature s’embellit, où les fleurs explosent, où filles et garçons ressentent au creux des reins comme un frémissement fiévreux, s’en prendre à des passereaux qui ne vous ont rien fait ! Ce passereau, appelé Républicain, parfois Républicain social, vit presque exclusivement en Afrique du sud et se caractérise par sa capacité à construire d’énormes nids( jusqu’à trois tonnes !) pouvant accueillir plusieurs générations et même... des espèce voisines !
Je comprends maintenant pourquoi j’ai pu mal interpréter ce que la rumeur colportait. Et c’est mon beau-frère Marcel ( qui est loin d’être un con) , qui m’a sorti de ma torpeur citoyenne en me disant que je venais d’être pris en otage. « Les républicains » dont il s’agit, ce ne sont pas des passereaux, mais toi et moi, nous tous, confisqués par le nouveau nom du parti de droite , future-ex UMP, selon la volonté de son leader suprême. « Les républicains » tout court, sans connotations adventives comme républicains nouveaux, sociaux ou modernes, républicains tigres ou bleu roi . Tout court ! Captation d’héritage, du bien collectif, privatisation des citoyens , méthode de coucou (de cucullus en latin, espèce des cuculidés, d’ou découle le mot cocu) qui confisque et occupe le nid commun au seul profit de son entreprise.
Que dire, que faire, face à ces méthodes totalitaires quand la sphère publique est phagocytée par l’espace privé , quand le clivage et l’exclusion s’installent comme règle de conduite ? La une des journaux, les déclaration effarouchées de la gauche atomisée, le recours en justice ? Une chose est sûre, si le nouveau nom est entériné , le nid est près pour l’accueil de l’espèce voisine si le besoin (pressant) s’en fait sentir, une fois réglés les pseudo-affrontements du sinistre vaudeville où s’agitent ceux vous savez.
Le Sarko nouveau est arrivé et, avec lui, la République confisquée .Cet homme est dangereux et les passereaux que nous sommes sont mal barrés.
 Le réveil, c’est quand ?
 
M.A 

septidi 17 floréal 223