editorial du 6 au 13 novembre

vendredi 6 novembre 2009 par Les ateliers pédagogiques : François

Ces derniers temps, on entend beaucoup parler de l’identité nationale ; d’apprendre La Marseillaise aux enfants dans les écoles. Que cela signifie-t-il ? Retrouver les valeurs de la République ? Montrer notre fierté d’être Français en honorant la devise du pays qui est Liberté, Égalité, Fraternité ?

Ce qu’il faut savoir sur La Marseillaise, c’est, qu’avant de devenir l’hymne national en 1795, elle était un chant de guerre révolutionnaire d’abord intitulé « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », puis « Chant de marche des volontaires de l’armée du Rhin », pour être publié, sous le nom « Chant de guerre des armées aux frontières ». C’était, sans compter sur les soldats marseillais qui l’entonnent en entrant aux Tuileries, à Paris ; c’est en ce 30 juillet 1792 que les Parisiens baptisent définitivement ce chant : « La Marseillaise ». Elle est née, à Strasbourg, sous la plume de Rouget de Lisle, la nuit du 25 au 26 avril 1792, suite à la déclaration de guerre à l’Autriche et inspirée par une affiche de propagande de l’époque.

Dans La Marseillaise on trouve la Liberté pour laquelle l’amour sacré de la Patrie conduit et soutient nos bras vengeurs. La France n’a plus de roi, n’est plus en guerre et n’a plus besoin de bras vengeurs, alors de quelle liberté parlons-nous ? Si c’est de notre libre arbitre, il est parfois difficile à garder intact, quand la presse nous étouffe d’informations destinées à stigmatiser une peur ou une autre. Il est important de garder le recul nécessaire face aux assauts des publicitaires qui veulent nous faire croire que nous sommes libres de choisir.

Dans La Marseillaise, on trouve aussi l’Égalité, mais quand on va faire un tour du côté des Restos du Cœur ou de la Banque alimentaire, on se demande où est l’égalité. Comme pour ce diplômé Français qui ne trouve pas de travail parce que sa peau est noire ou qu’il s’appelle Sofiane. Sans oublier l’agriculteur qui se voit payer une somme ridicule pour ses produits, pendant que les grands distributeurs profitent avantageusement des marges.

La Marseillaise, parle également de la fraternité des soldats qui entrent en carrière pour y rejoindre, même dans la tombe, leurs aînés avec, dans un autre couplet, la promesse aux tyrans que, si nos jeunes héros tombent, la France en produira de nouveaux.
Mais on oublie de reconnaître la fraternité avec les enfants d’autres soldats, venus d’Afrique du Nord, pour grossir nos rangs pendant la dernière guerre. Nous avons le devoir de nous en souvenir. La France, qui se veut être le pays des Droits de l’Homme, renvoie chez elles des personnes qui sont venues chercher, ici, leur dernier espoir de survie.

Alors, faut-il apprendre La Marseillaise dans les écoles ? Je ne sais pas. Ceux qui en ont envie la connaissent ; on l’entend au début des matchs, pendant les manifestations sportives, lors des commémorations.
L’apprentissage de La Marseillaise est une chose, mais l’apprentissage des valeurs républicaines, qui sont, avant tout des valeurs humaines, en est une autre.

V.M