editorial du 6 au 13 mai

vendredi 6 mai 2011 par Radio-Grésivaudan

Il arrive parfois à l’éditorialiste de service d’être soulagé de n’avoir pas à traiter de sujets dont il faut bien dire qu’ils ont été abondamment couverts par tout ce qui ressortit à l’univers de la communication, de la presse écrite à la presse audio-visuelle en passant par le café du commerce.

Qu’il s’agisse de Kate la roturière, so british, et de son royal boy friend, ou de " l’homme le plus recherché de la planète" comme on dit, j’arrive trop tard pour en remettre une couche. Je veux bien admettre qu’il s’agit là d’évènements de première grandeur, mais je dois à la vérité de confesser que ce déferlement médiatique m’a convaincu de m’abstenir. En effet qu’aurai-je pu avancer d’original, quel commentaire qui n’ait déjà été proposé par ailleurs ? D’autant plus que des cohortes d’experts se succédaient pour causer dans le poste où noircir du papier. J’avoue d’ailleurs ma surprise en découvrant soudain notre richesse en spécialistes de tout poil, chacun pérorant depuis sa niche spécialisée, le plus souvent sur le ton suffisant de ceux que l’on est allé quérir pour éclairer le populo, même si leurs conclusions , formulées dans le langage ad-hoc de techniciens de la chose, ne risquaient pas de trop déstabiliser l’auditeur ou le lecteur. Par exemple, à la question posée par l’animateur à un expert es-terrorisme : pensez-vous que la mort de l "homme le plus recherché de la planète" va donner un coup fatal aux entreprises terroristes ou, au contraire, risque d’ entraîner une recrudescence d’attentats, la réponse était définitive : "ça dépend du contexte, les deux scénarios sont possibles". Exactement les propos de mon ami Marcel que je rencontre tous les matins en prenant mon café à la Brasserie des deux Belges. Il faut dire que Marcel est loin d’être un con.

On peut cependant déplorer que ce tintamarre ait occulté une information concernant notre vie publique . Vous rappelez-vous ce machin inventé par notre guide, le Conseil pour la création artistique, piloté par Marin Karmitz, ex néo-mao tourné néo-sarko ? Fini, liquidé, sur décision unilatérale du chef, deux ans après sa création. Il s’agissait pourtant d’une grande oeuvre, où notre Président devait rien moins que " bousculer les choses", " vaincre la pensée unique", mettre en évidence la capacité de l’état à impulser un "changement de culture".

Il est vrai que le temps n’est plus aux gadgets et qu’il faut maintenant passer aux choses sérieuses dans la perspective de 2012 . Une grande opération marketing de reconquête est d’ores et déjà lancée : identification des cibles, argumentaires, plan média, séminaires de motivation, comme chez les grands des affaires que fréquente notre guide. Manque plus qu’un bébé, et c’est dans la poche, redoute mon ami Marcel, expert es people, et qui et loin d’être un con . Sacré Marcel !

M.A