editorial du 5 au 12 novembre

vendredi 5 novembre 2010 par Radio-Grésivaudan

C’est le berceau de l’humanité, la terre de nos ancêtres, celle ou l’homme est né il y a plus de 9 millions d’années. L’Afrique, le plus souvent caricaturée est un continent mal connu et victime de moult préjugés. Quand la question du remboursement de la dette n’est pas évoquée, ce sont les apports « positifs » de la colonisation qui sont brandis par des politiciens sans doute nostalgiques. Comment des lignes de chemin de fer, des usines et des routes peuvent elles justifier la façon dont les peuples autochtones ont été traités ? Comment peut on légitimer le désordre culturel et social dans lequel de nombreux pays d’Afrique ont été plongés ?

L’exposition présentée depuis peu au Musée Dauphinois répond en partie à ces questions en en prenant le contre pied. La vision de l’Afrique proposée dans l’exposition intitulée « Ce que nous devons à l’Afrique » prend à revers les préjugés pour mieux montrer la richesse des cultures, de l’histoire et des valeurs des peuples d’Afrique.

L’exposition aborde différents aspects de ces apports, avant d’amener le visiteur nez à nez avec les photos de Hans Sylvester. Celui-ci a passé 6 ans avec les populations de la vallée de l’Omo aux confins de l’Ethiopie, photographiant des tribus dans lesquelles hommes et femmes habillent leurs corps de peintures aux formes, aux couleurs et à la beauté stupéfiante. Ces « hommes-oeuvres d’art », en totale proximité avec leur environnement sont tout simplement envoutants.

L’exposition temporaire du Musée Dauphinois est donc à voir absolument (en plus c’est gratuit). Elle préfigure sans doute un autre événement au cours duquel l’Afrique sera invitée à faire entendre sa voix et à montrer toutes les ressources dont elle dispose : Le Forum Social Mondial. Le rendez-vous est pris à Dakar en janvier prochain. Avec leurs traditions fortes et leurs modes de vie peu consommateur, les pays d’Afrique peuvent nous monter la voie d’un modèle de développement plus durable et plus équitable. Radio Grésivaudan et d’autres radios associatives s’efforceront d’en rendre compte sur leurs antennes.

A L.M