editorial du 4 au 11 mars

vendredi 4 mars 2011 par Radio-Grésivaudan

L’actualité et son flot d’infos donne mille et une possibilité quant à l’écriture d’un édito. Parmi le foisonnement de nouvelles, qu’elles soient à l’échelle locale, nationale ou internationale, c’est sans conteste l’épidémie révolutionnaire du Mahgreb machreck qui a retenu toute mon attention.

Une épidémie qui s’installe maintenant dans la durée et laisse augurer plus d’une répercussions au niveau national. Ainsi va le monde, on appelle cela d’un joli nom ; l’effet papillon. Si le nom est joli et achemine nos pensées vers le printemps qui pointe doucement son nez, l’effet en lui même est loin d’être enthousiasmant. Car loin de provoquer chez nous aussi, en France, une insurrection des consciences, ce jaillissement révolutionnaire outre-Méditerranée réveille sur notre vieux continent des réflexes bien prompts à resurgir. Le film pourrait s’appeller : « La peur de l’invasion, le retour ». Après avoir constaté le courage de ces peuples, s’être félicité de leur mobilisation contre l’injustice et la domination puis s’être inquiété des réponses militaires qui leur sont infligées, vient maintenant, comme un vieux réflexe instinctif, le temps de l’inquiétude face aux dommages collatéraux dont nous pourrions faire les frais. La peur des flux d’immigration massifs à présent évoquée est à mon avis symptomatique du fantasme récurrent d’une société fermée sur ces petits privilèges.

Rentrant à peine d’un court séjour en Afrique, au Forum Social Mondial de Dakar, j’ai pu constater qu’ailleurs le monde change. Sur les questions de migrations notamment, des réflexions collectives et des propositions concrètes viennent donner de l’espoir. Elles véhiculent l’idée qu’il est possible de faire naître un monde meilleur demain, un monde plus juste dans lequel les personnes auraient le droit de circuler librement, dans lequel elles seraient dotées d’un « passeport symbolique universel » pour vivre ou elles le souhaitent, quand elles le souhaitent et pour pouvoir revenir aussi dans leur pays. Ces idées certes légèrement utopistes mais néanmoins pas complètement déconnectées de la réalité sont rassemblées dans un document adopté à Gorée le 4 février dernier et qui s’intitule la Charte Mondiale des Migrants. Un document à retrouver sur internet et à méditer pour peu que l’on mette ses préjugés de cotés et que l’on veuille bien y prêter une lecture attentive.

AL.M