editorial du 4 au 11 janvier 2013

vendredi 4 janvier 2013 par Les ateliers pédagogiques : François

Il a plu chez vous ? Ici...

Un premier janvier 2013 

Eveil provisoire. Celui qui autorise encore le sommeil.

La lueur du jour traverse les interstices laissés par les volets mal clos.

Puis quelques rêves égarent l’esprit, sans savoir la durée.

Réveil définitif.

La même lueur, à l’identique.

L’engourdissement qui s’évapore. Rideaux que l’on tire, volets grands ouverts, beau temps juste frais, pas une voiture, bien que le ski attire habituellement, un peu plus haut au col.

Café

Tartines

Le feu qui démarre

Assis

Attablé

Le journal posé sur la chaise voisine, ouvert

Page blanche. Je tourne. Page blanche. Journal vide, sans encre, muet.

Toujours la même lueur, le soleil au dessus de Belledonne

Radio, bouton enfoncé, silence, avec insistance, silence, prise vérifiée, électricité ok

Ordinateur, mutisme à l’identique, iphone pareil…

Toujours pas de voiture

Soleil assurément stationnaire

Et rien d’autre

Hésitation, encore quelques pas hagards

Désemparé, mais avec une autre sensation qui s’insinue, inconnue.

Assis de nouveau

Alors je m’installe plus profondément dans le moelleux du siège, et comprenant soudain, qu’aujourd’hui, le vaste monde fera sans moi, j’emplis mon regard, sans un mouvement, entièrement tourné vers l’architecture des cimes, les creux ombrés, les plans successifs, les blancs bleutés, grisés, virant au mauve de Belledonne magnifié, sous ce soleil immobile

Immobile à l’identique

2013 peut commencer alors

Bonne année !

Dans l’édition de décembre du Monde Diplomatique, on pouvait lire l’excellent article de Mona Chollet « sourde bataille pour le temps » (bientôt en ligne dans sa version complète sous le titre susnommé).

Osant un résumé maladroit, j’extrais ceci de l’article : « la logique de rentabilité et de compétitivité, propre à l’activité économique, s’étend à tous les domaines de la vie. Le temps libre, d’autant plus précieux qu’il a été gagné, doit lui aussi être géré efficacement…..si l’on veut reprendre la main sur le cours de l’histoire individuelle et collective, il faut avant tout se dégager des ressources temporelles considérables pour le jeu, l’oisiveté, et réapprendre à « mal » passer le temps.

JMF