editorial du 4 au 10 juin

lundi 6 juin 2011 par Radio-Grésivaudan

Tu appartenais définitivement à la race des c’est pas grave, des rigolos, la guitare, les moustaches et les bretelles étaient les signes visibles de reconnaissance. « Pour être drôle, il faut être vrai. Mais il faut aussi dépasser d’un soupçon cette vérité ». Armé de ce viatique, tu feras de l’accent paysan ce soupçon de dépassement prôné par Marie Dubas, et dans les cabarets rive gauche ou au petit conservatoire de Mireille présentera une galerie de portrait plus vrai que nature. N’ayant jamais eu d’amant la demoiselle de Montauban n’aura jamais de printemps, quant aux cousins de Paris y viennent aux mariages quand y fait beau temps et aux enterrements quand y a un héritage. La plume est acérée, y a des gens qui ressemblent tellement à des bovins que dans leurs yeux passent des trains, le rire parfois gaulois, jamais vulgaire, de toutes façons faut qu’ça plaise à Thérèse. Ce qui est certain, c’est que tu prenais du plaisir à faire le métier de baladin, le beau métier, moitié putain, moitié curé et que des spermatozoïdes à l’enterrement on s’est bien gondolé avec toi. On les a aimées les belles ou moins belles que tu nous as présentées, et si le cul de la patronne nous échappe on se consolera avec la fille du catalogue. Tu savais aussi casser les images toutes faîtes, le printemps y parait qu’ça sent le lilas, le jasmin ou la rose, chez nous ça sent aut’ chos, Isabelle faut curer l’purin dans la fosse. T’inquiète Ricet nous les gars on t’enterrera, Olé ! et il y aura bien une fille pour suivre le corbillard et fleurir ta tombe de quelques dahlias de Montaligère.

S.A