editorial du 28 mai au 4 juin

vendredi 28 mai 2010 par Radio-Grésivaudan

" Toutes les solutions sont ouvertes. La seule que je ferme tout de suite, c’est la baisse du niveau des pensions. Les retraites sont déjà trop faibles " ainsi parle Nicolas Sarkozy et comment il pose les bases de la réforme des retraites. Une base plus qu’acceptable puisque si nous partons du postulat " l’interdiction de la baisse du niveau de retraite", nous devons mettre de côté la durée des cotisations et l’âge de départ à la retraite puisque ces 2 éléments ont mathématiquement et obligatoirement un impact sur le montant du niveau des pensions. Une base plus qu’acceptable puisque "toutes les solutions sont ouvertes " donc même celles de ne plus faire reposer les cotisations principalement sur le travail salarié.

Pourquoi tant d’inquiétude pour le régime de retraite ? Si aujourd’hui nous avons 1,8 cotisant pour 1 retraité, demain il y aura 1,5 puis 1,2 cotisant pour 1 retraité. Et ainsi de suite ? Cependant si nous regardons la question, non plus en terme de cotisant, mais en terme de richesse produite le pessimisme n’est plus vraiment de rigueur. L’explosion des dividendes, qui est passé de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007 le confirme, il y a de plus en plus de richesse.

Heureusement, le président de la République a affirmé que " toutes les solutions sont ouvertes" donc il est possible de toucher au tabou qui veut que seule la masse salariale entre dans la réflexion. Il est donc possible de toucher au curseur de la répartition des cotisations entre travail et capital ! Chiche...

En même temps, lors de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy en 2007 déclarait au monde " le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer". Ce qu’il confirmait en 2008 sur RTL. Alors pourquoi ne serions-nous pas confiants ? Des engagements répétés, une base de discussion acceptable et ouverte à toutes les possibilités... Peut-être que l’expérience et l’histoire nous ont appris la différence entre les discours, les promesses et les textes de loi des réformes, et qu’ils n’étaient pas synonymes de ressemblances. Peut-être qu’un référendum où le non a été majoritaire et qui n’a pas été appliqué reste en mémoire. Peut-être que l’accumulation des réformes sur la retraite depuis plus de 10 ans qui ont abouti aujourd’hui à voir plus d’un million de retraités vivre sous le seuil de pauvreté, une retraités percevoir moins de 700 euros par mois, générer quelques inquiétudes. Peut-être que nous ne croyons plus au père Noël même lorsqu’il se prénomme Nicolas...

E.L


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