editorial du 28 janvier au 4 fevrier

vendredi 28 janvier 2011 par Radio-Grésivaudan

A l’heure ou cette chronique s’écrit, une grand messe se prépare. Ce n’est pas la première du genre. C’est même devenu un rendez-vous récurrent dans notre capitale des Alpes qui orchestre périodiquement le rencard décentralisé de l’intelligentsia française. Le temps d’un week-end, le gratin parisien se mue en gratin dauphinois.

Quoiqu’il en soit l’affiche a de quoi impressionner !

Alain Finkielkraut, Michel Serres, José Bové, Jean-luc Mélenchon, Martin Hirsh, Jean-François Kahn... des philosophes, des politiques, des chercheurs, des sociologues ... pour partager un constat « Montée des violences urbaines, inégalités croissantes, égoïsme des élites, dangers communautaires, individualisme consommateur, déficit civique : de lourdes menaces pèsent sur le lien social et l’unité du pays  » et plancher sur une thématique transversale percutante : «  La République se défait-elle ?  ».

Si l’on en croit le programme les points de vue se croiseront et le débat aura bien lieu ... tant mieux. Mais qu’espérer de ce raout ? Trois jours de discussions et après ? Après avoir partagé les constats déprimants, disserté sur les solutions, échangé sur les expériences... la classe politique ouvrira t-elle ses portes aux femmes, aux jeunes et aux ouvriers ? Les élites sortiront-elles de leur égoïsme et les logiques de décisions des rapports de pouvoir et d’argent ? Proposera t-on autre chose aux gens que l’individualisme et la consommation ?

«  Un an avant l’élection de 2012, Marianne et Libération veulent affirmer que l’élection ne sera pas seulement l’affaire des dirigeants des partis politiques, aussi légitimes soient-ils, mais aussi celle de la société civile, associative, intellectuelle et militante. » Peut être mais parler d’élection n’est ce pas réduire le débat pour se focaliser encore et toujours sur des enjeux de pouvoir. La vie est loin d’être une histoire d’élection, elle est avant tout l’affaire de chacun de nous, ici et maintenant, des élites comme de l’immense majorité d’entre nous. Le vivre ensemble et la société qui se construit chaque jour dépend plus de notre capacité, au delà des idées, à agir au quotidien et à résister qu’à remettre aux dirigeants la responsabilité de changer notre monde.

AL.M