editorial du 26 novembre au 3 décembre

vendredi 26 novembre 2010 par Radio-Grésivaudan

Au lendemain du remagouillement ministériel entre amis, l’ex-ministre du travail, que les faits ont révélé menteur à plusieurs reprises, droit dans les yeux télévisuels, le ton grave, nous déclare qu’il est victime de la réforme des retraites.

Un peu de décence, un peu de retenue, monsieur. Pesez les mots que vous utilisez. Les victimes de la réforme des retraites vous n’en n’êtes pas. Vous êtes seulement coupable d’avoir porté une réforme injuste dont les victimes seront celles et ceux qui n’arriveront plus à joindre les deux bouts. Faut-il donc que vous soyez accroché à vos privilèges pour faire preuve d’une telle indécence ? Faut-il donc penser que vous ne vous étiez pas encore assez servi ? Que vous espériez pouvoir encore pratiquer, entre Chantilly et la rue de Grenelle, un népotisme dont seuls les papes ont plus abusé que vous ? Ne connaissez vous pas la valeur des mots ? Ne connaissez-vous que celle de l’argent ?

Les victimes sont ailleurs. A France Télécom où les tueurs sont à l’œuvre. A pôle emploi où les chômeurs sont devenus des clients.* A la poste où pour acheter un timbre il faudra bientôt acquérir une assurance-vie. Dans l’article 32 de la loi sur les retraites créant les fonds de pension qui ont ruiné nombre de sexagénaires américains ou britanniques, les obligeant à retourner trimer. Article qui contraint les salariés à investir leur participation aux bénéfices dans ces fonds de pension plutôt qu’à épargner sans risque. La sécurité sociale livrée aux assureurs privés.** Les victimes ne manquent pas. Mais définitivement monsieur Woerth, vous n’en faîtes pas partie.

Entre deux haut-le-cœur, monsieur, il me paraît de mon devoir (oui les grands mots), même si cela peut paraître vain, de vous demander de vous pencher un instant, je sais que chez vous tout est compté même le temps, disons donc l’ombre d’un instant comme chantait le grand Jacques, sur le propos qui suit.

« Toute nouvelle classe dirigeante, du seul fait d’être neuve, est vulgaire et inculte par rapport à celle qui est dépossédée, et qui au cours des générations a raffiné la vulgarité originelle de ses propres ancêtres » Claudio Magris.

Merci de partager cette réflexion avec Grincheux, qui joue au président.

*Notre aimable clientèle – Emmanuelle Heidsieck – Denoël

**Il risque de pleuvoir – Emmanuelle Heidsieck – Seuil

S. A.

N.B. : Merci de passer à Matignon pour demander au fils du notaire qu’il me rende mon Pento.