editorial du 22 au 29 octobre

vendredi 22 octobre 2010 par Radio-Grésivaudan

Un éditorial se doit de parler de l’actualité. Pourtant permettez-moi, l’impératif s’impose ici puisque vous n’y pouvez goutte, de revenir sur un « évènement » d’il y a quelques temps afin de m’interroger. N’aurait-on pas tendance à mélanger ce qui ressort du privé et ce qui touche au collectif ? C’est une question. Le fait divers et le fait de société ? C’est la même interrogation. Ainsi un ministre, femme de son état, voulait, il y a peu, appareiller tous les véhicules d’une alarme parce qu’une autre femme avait oublié un bébé dans une voiture. Qui en était mort. C’est vrai : pour la cuisson des pâtes, nous possédons une minuterie qui fait réagir illico, mais pas forcément presto, une troisième femme en train de bavasser sur son ordinateur et cela sauve nombre de repas. La bouilloire aussi siffle. Et emmerde les voisins. Mais si l’on pose des systèmes de prévention pour tout ce qui relève de la responsabilité individuelle pour ne pas dire du bon sens qui semble, comme l’ombre (le poisson), de moins en moins commun, où va-t-on ? Je vous le demande.

Où iront se loger ces armes de déresponsabilisation massive ? Jusque sous la peau, n’en doutons pas, où l’on glissera, greffera des puces dont même les chiens ne voudraient pas. Ainsi en train de partager douceur et plaisir avec belle femme, une autre encore, au charme suranné, peut-être, en plein ébat faudra t-il s’attendre à déclenchement de sirène et voix d’hôtesse susurrant en votre oreille interne : « Vous allez éjaculer, attention cet acte peut avoir des conséquences importante pour votre vie future, en avez-vous bien mesurer tous les effets ? » De quoi vous les coupez, vos effets. A un moment où l’état se déleste de ses services et n’assure pas plus la sécurité sociale que la sécurité publique dans certaines de nos contrées, n’y aurait-il pas, derrière ce désir de s’occuper de tout ce qui ne le regarde pas, cette investigation de la sphère privée, la volonté de cacher son impuissance à gérer ses domaines traditionnels de compétences ? Cela ne l’autorise pas à se faire le poulpe de la connerie aux mille ventouses, comme l’écrivait René Fallet. Occupe toi de tes oignons me dira-t-on. Pas d’inquiétude : je chausse mes sabots et j’y retourne de ce pas dés cette chronique terminée.

Quant à l’actualité présente que dire sinon ce qui sera évidences et banalités pour tous ceux dont la ligne d’horizon ne se confond pas avec la courbe du caque quarante. Sinon le dire à ma manière : Déjà vieux et pas encore à la retraite. Mais ne pas battre en retraite. Plutôt battre le pavé. Le pavé dans la mare. Dans la mare au diable. Pour ne pas tirer le diable par la queue demain. Car au pays des rampants le nain est roi ; alors se redresser, au nom de la dignité qu’on nous refuse, contre le mépris et l’arrogance, pour un monde plus juste et plus fraternel. Et pour conclure constater avec les argentins qui le disent mieux que moi :
Quand le gouvernement nous pisse dessus, les médias disent qu’il pleut.

 

S.A.