editorial du 21 au 28 octobre

vendredi 21 octobre 2011 par Radio-Grésivaudan

C’est la rentrée un peu tardive, j’en conviens- mais je n’éditorialise que sur instructions précises de mon rédacteur en chef.

Rentrée comme reprise, comme réveil et autres mots en "re" pour signifier la redondance à laquelle nous sommes réduits par le cours du temps et des choses. Et même dans l’éclat de la trentaine vigoureuse et sémillante de Radio Grésivaudan, on n’échappe pas à ces rituels ponctués d’événements - quand même ! - qui, comme à l’accoutumée, produisent un semblant de nouveauté à défaut de renouveau.

La difficulté -pour ne pas dire le problème- pour celui qui éditorialise en début de cycle, c’est de trouver des sujets, des thèmes pertinents dans le contexte et susceptibles de retenir l’attention de ceux qui vous lisent ou vous écoutent. Mais nous sommes tellement gavés, jusqu’au rassasiement, d’informations répétées en boucle que l’envie de silence apparaît légitime . Et pourtant il faut bien s’y coller , c’est la loi du genre.

Si encore j’avais quelque expertise sur quoi que ce soit, la route à suivre s’imposerait. Mais non, je n’ai pas d’avis sur tout et je me demande même s’il m’arrive maintenant d’en avoir parfois sur des choses où des problématiques qui pourtant me tenaient jusqu’à ce jour à coeur. Ceux qui me connaissent savent le peu d’estime que j’ai pour ceux qui se revendiquent comme experts, mais j’ avoue qu’au moment où je dois entreprendre la rédaction ce papier, je me prends à envier leur suffisance, leur discours, leurs certitudes que rien ne peut remettre en cause. Un expert, à n’en pas douter, trouverait illico le bon sujet, avec cet art de transformer en scoop l’événement le plus banal.

Banal. Réflexion faite , et pour rebondir comme on dit, la banalité pourrait peut-être le fil rouge de cet exercice éditorial. Pourquoi ne pas se revendiquer comme banal alors que c’est dans l’air du temps si j’en crois les gazettes et ceux qui s’y expriment. Après tout , n’y a-t-il pas quelque chose de fort à retrouver le goût rare du commun, du courant, de l’ordinaire ?

Et si finalement c’était ça le grand art , si c’était ça accéder à la modernité ? Et si le non-éditorial érigé en éditorial était le nouveau concept élaboré par votre serviteur , par analogie avec le concept élaboré à l’Elysée, à savoir la non-communication érigée en communication, à propos de la venue au monde de qui vous savez. Futé, non ?

J’entends déjà les critiques de quelques aigris , avides d’opinions assenées et tranchées : " Vous appelez ça un édito ? Vous vous moquez de nous . Bavardage indigne , piètre logorrhée. Comment pouvez-vous ainsi parler pour ne rien dire ?"

J’assume.

Ca repose.

 

MA