editorial du 21 au 28 mars

vendredi 21 mars 2014 par Radio-Grésivaudan

Qu’en sera t-il de votre dimanche 23 mars ?
Vous abstiendrez-vous, faut-il que vous vous absteniez ?
Direz-vous ensuite : Je m’abstins, mais en fallut de peu que je ne me fus abstenu.
Vous vous abstîntes, la belle affaire !
Et bien que ce verbe soit d’un intérêt particulier pour les exercices de conjugaison à courte vue, souhaitons que vous ne vous abstiendrez pas.
Abstention ou élection piège à con ?
La lente destruction des illusions, la défiance croissante envers la classe politique aurait tendance à conduire nos pas vers de longues promenades en montagne avec retour tardif, quelques parties de pêche, ou toute autre activité qui nous ferait oublier ce jour d’élection municipale.
Les pitreries narcissiques des « grands hommes » au service de leur propre intérêt, de leur carrière politique, nous éloigne chaque jour de la réalité des êtres humains. Elles brouillent la nécessité de reconstruire le lien qui nous attache avec nos responsables.
Pourtant, le politique commence là où nos immédiates préoccupations nécessitent une solution collective. Le politique réside dans l’insertion de nos intérêts personnels dans l’intérêt collectif.
Il prend sa source dans notre capacité à influer le cours des choses.

Sans avoir au préalable consulté ce Quotidien hélas agonissant (je parle du Libé national), je me suis retrouvé ce matin, avec la même préoccupation que l’annonce de sa première page : faire un inventaire des noms des listes, dans notre communauté de communes. Ici, où les patronymes villageois en appellent à se vouer aux Saints divers (Vincent, Marie, Pancrasse, Bernard, Pierre et j’en passe…), et tous les candidats nous promettent un avenir forcément meilleur.
Sur le sujet, ils ont réussi à diversifier le langage (il n’y a pas de doublon) et mouvement, renouveau, transition, action, engagement, diversité, dynamique, ambition, rassemblement, union, élan, défi, progrès, solidarité fleurissent les panneaux électoraux de tous bords.
Nous sommes invité à agir, partager, aimer, poursuivre, construire, bouger, vivre, entreprendre, préserver, participer, dynamiser, écouter…autrement, ensemble, en citoyen, dans le renouveau, en responsable… 
Je fais court et j’en oublie, je m’en excuse.
A l’heure où le débat au cœur de chaque village peut se faire passionnel (une bonne douzaine de villages vivent cependant une campagne plutôt sereine n’ayant qu’une seule liste en course), on sait qu’au soir du deuxième tour, il faudra bien, pour les élus, retrouver la réalité, les finances publiques en berne, la pression fiscale, les prises de décision difficiles, les nuits courtes , les réunions marathons, la défiance, etc…
Mais aussi l’élan, l’envie de faire différemment, de résoudre les problèmes, de travailler en équipe, de s’informer, d’expliquer, de débattre et consulter, d’avancer.

Voter ne devrait pas consister à signer un chèque en blanc au bonimenteur qui passe, pour ensuite se plaindre que la marchandise n’est pas à la hauteur des attentes.
Cela devrait être choisir les personnes qui semblent le plus aptes à porter un projet collectif dans lequel on se reconnait, et avoir la possibilité d’accompagner ces personnes en participant au projet afin que l’on s’y reconnaisse sur la longueur du mandat.
Rêverais-je tout haut ?
A ce jour, un peu partout dans le pays, des individus prennent conscience de la nécessité du « participatif », sous peine de nous retrouver sous forme de rires en boîte pour sitcoms au rabais.
Jaune, le rire.
Il nous faut inventer, sinon nous nous éteindrons.

P.B