editorial du 20 au 27 novembre

vendredi 20 novembre 2009 par Les ateliers pédagogiques : François

Voilà une semaine qui m’a permis de tester mon identité nationale. A priori, je suis français, donc en bon patriote, lundi matin je ma suis rendu au magasin et j’ai acheté un maillot de l’équipe de France de foot, un beau maillot bleu, ensuite j’ai réservé ma soirée de mercredi, préparé quelques aliments pour un plateau-repas et les boissons ad hoc. Mercredi soir me voilà donc installé devant mon écran de télé, avec mon maillot tout neuf, chantant la Marseillaise et encourageant les petits gars en bleu. Au début je me suis senti Français, mais plus les minutes avancées, plus la tristesse m’envahissait, plus la prestation française et la fameuse main de Thierry Henry me faisait virer au vert.... De là à passer irlandais quand même pas, je me suis repris et j’ai décidé de suivre l’exemple de représentant médiatique de la nation française. Je me suis dit, ce n’est pas la première fois qu’il y a une erreur d’arbitrage, mais surement que les responsables de foot français vont accueillir la qualification avec dignité... et là je lis et j’écoute les déclarations : 
Jean-Pierre Escalettes : « la qualification est belle »
Raymond Domenech : « j’ai envie d’en profiter »… 
Rama Yade... ne reconnait pas la tricherie (donc tout va bien...)
 
 J’ai écouté Trapatonni "Je ne suis pas seulement déçu, je suis triste. C’est une soirée amère. C’est une situation amère. J’aurai encore préféré que l’on perde aux pénaltis. Je suis triste, car l’arbitre a eu le temps de consulter le juge de touche. Je suis certain qu’il aurait confirmé qu’il s’agissait d’un but de la main. Je suis bouleversé. On parle souvent de "fair-play". Dans les écoles, j’enseigne aux jeunes le "fair-play", je leur enseigne que le sport c’est important dans la vie. Tout le monde a vu le jeu, vous savez ce qui est arrivé. "
 
À ce moment-là, j’ai craqué, une petite voix intérieure à commencer à prendre le dessus, le vert s’est insinué en moi, vert de colère ou vert Irlandais, difficile à dire. J’ai voulu me ressaisir et là je suis tombé sur la fête franchouillarde du Beaujolais nouveau. Caricature, argent, mauvais goût, gastronomie au rabais...

Le vert a pris le dessus, comme si une bouffée incontrôlable en moi, souhaité réparation pour cette injustice, mais pas seulement. Je sentais que mes efforts pour associer identité et nationale étaient vains. Il m’était impossible d’associer les deux.
Mon identité est multiple et multicolore. Elle rassemble les pays d’origine de mes grands parents, elle se colore des régions rencontrées, des amis de multiples d’origines... Elle comprend un certain nombre de valeurs qui me sont devenu incontournable. Qu’est-ce à voir la nation dans tout cela ? Je suis Français, mais cela n’a rien n’a voir avec mon identité. Associer les 2 n’est qu’une restriction nationaliste, la même qui est capable de se réjouir d’une qualification grâce à une tricherie...
 J’ai jeté le maillot bleu, j’ai regardé la verte émeraude vivre avec une sale gueule de bois. La Guinness avait un goût amer... J’ai repensé au paysage de Achill Islande… L’odeur de la tourbe irlandaise m’a donné de la joie au coeur.

E.L