editorial du 20 au 27 juin

vendredi 20 juin 2014 par Radio-Grésivaudan

Dêmos et Krátos sont dans un bateau... Dêmos tombe à l’eau, que reste t-il ?
L’état nous injonctionne :
« Toi peuple, tu es verni de vivre en « démocratie ». Fais de ce terme un principe et fais-le tourner à tes amis (mention « j’aime », sur facebook).
Moi, défenseur de la veuve et de son orphelin, m’en vais sauver les peuples de l’oppression et de la dictature (sous-titre : des copains riches qui ne veulent pas me prêter leur pétrole, juste leur yacht, les salauds).
Peuple, je te donne l’illusion du pouvoir (participatif) et te laisse danser le samedi en discothèque. Moi, l’Etat, je fais ce que je veux avec mes cheveux (si tant est qu’il en reste des cheveux à l’Etat, qui est composé essentiellement de calvities). 
Le cas échéant et si vous ne rentriez pas dans les cases disponibles, nous vous remercions de perdre toute dignité en appelant la boîte vocale prévue à cet effet.
Vous ne risquez pas de bousculer nos ambitions (devenir riches, partager le pouvoir entre riches, créer des familles et des clubs de riches), car nous vous donnons l’assurance que nous vous endormirons encore et toujours avec de belles histoires imaginées par nos conseillers en communication (et aussi, spéciale dédicace à David Pujadas et Evelyne Délhiat).
Bien cordialement, l’Etat, serviteur de ses propres intérêts. »

Le récit, c’est à la fois la faiblesse et la force de l’humain.
On vous raconte une histoire, vous y êtes sensible.
On vous inclus dans cette histoire et vous êtes déjà passé de l’autre côté du miroir...
On vous raconte cette même histoire depuis votre naissance et vous en serez pour longtemps porteur.
Vous aurez été ce qu’on appelle « formaté ». En langage informatique ça veut dire « vidé » de toutes vos connaissances et données, ne parlant que votre propre langue. Dépossédé de votre intuition, de votre ressenti initial.
Déconnecté. Débranché, littéralement dézingué.
Vous y croyez vous, à l’histoire de Dêmos et Kràtos ?
En tout cas, si elle existe, ils ne firent pas beaucoup d’enfants à la fin on dirait...

E.G