editorial du 1er au 8 octobre

jeudi 30 septembre 2010 par Radio-Grésivaudan

"La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre." Une phrase posée au coeur des vents par Sitting Bull afin qu’elle traverse le temps et l’espace. Cette phrase en a rencontré une autre, posée dans le creux d’une oreille par une bouche avertie. Et d’oreille à bouche, elle est venue jusqu’à nous : " Avant de cueillir les plantes il fallait implorer la terre : "O toi par qui s’endort la nature, toi qui fais fuir le jour et amène la nuit, toi qui nous cache le soleil... qui engendre toutes les herbes et les donne aux humains pour la guérison"... On s’adressait ensuite à la plante : "Celle qui vous a créée avec vos propriétés salutaires veut bien que je vous cueille..." On répétait trois fois l’incantation." Il fallait effectuer la cueillette au moment où la Lune était couchée et quand le Soleil n’était pas encore levé. Après quoi il fallait apaiser la Terre par l’offrande d’un rayon de miel ou en déposant comme rançon un grain de blé ou d’orge dans le trou de l’arrachage" ( Extrait de "Guérisseurs et Remèdes dans la France Ancienne Cévennes/Vivarais" de Pierre Ribon. Editions Horvath.). Rencontre de paroles de deux terres unies par les grandes eaux de l’océan. Une rencontre qui est peut-être là pour nous permettre de réfléchir sur notre intérêt pour les peuples autochtones, sur peut-être la nécessité de retrouver nos propres rituels, nos racines ? Mais est-ce que l’étendard de la croissance, durable ou pas, porté par les bras de nombreux décideurs, nous laisse simplement le temps de réfléchir à la question ? Nous laisse-ton simplement le temps ? Sitting bull avait un surnom : Húŋkešni (« lent ») qui lui a était donné à cause de son habitude à prendre son temps avant de répondre à une question. Cette lenteur et cette réflexion lui ont permis d’offrir au temps cette autre phrase : Lorsque la dernière goutte d’eau sera polluée, le dernier animal chassé et le dernier arbre coupé, l’homme blanc comprendra que l’argent ne se mange pas.

E.L