editorial du 19 au 26 juin

vendredi 19 juin 2015 par Radio-Grésivaudan

Avec l’arrivée de l’été on aimerait pouvoir se la faire guillerette et chaleureuse, comme à l’aube d’une saison nouvelle riche de rencontres, de projets, comme il sied quand vient le temps des vacances. Je n’échappe pas à la règle et comptais bien dès demain échapper à la pression du court terme pour re-conquérir une sorte de liberté d’être, entre farniente et réflexion, entre solitude et partage, au gré de longues journées sans drame ni conflit, à l’ombre d’oliviers centenaires, accompagné sur le soir des voix de la garrigue et de celle d’un ami vigneron, prince du grenache, entre cigales et moutons.
C’était compter sans l’obscènité d’une certaine actualité, qui interpelle ceux qui se croyaient exonérés par juillet de toute préoccupation maligne, et qui, par deux fois, sollicite les inclinations masochistes de ceux que le bashing anime, même si les faits rapportés ne bénéficient pas du label « spectaculaire ». A vrai dire, rien au premier abord pour justifier, selon les règles de l’efficacité commerciale, la mise en « Une » de cette nouvelle qui d’ailleurs n’en n’est peut-être pas une, dans la mesure où il est fait état , en page 4 du Monde daté du 11 juin 2015, d’un processus amorcé depuis plusieurs années. Article au demeurant très documenté si vous voulez savoir ce qu’est un « soldat augmenté ». Article passionnant où l’on apprend que la recherche des instances militaires s’exerce en direction de tout ce qui peut augmenter le capital humain du soldat en terme de performance, supposés réglés les acquis technologiques touchant aux équipements, aux armes , à ses outils de communication. Ce qui est en cause, c’est le soldat lui-même qu’on va chercher à « augmenter » en terme de résistance à la fatigue, au stress du combat, de vigilance, de résistance au sommeil. Les réponses pharmacologiques sont bien sûr en première ligne , même si un certain discours officiel tient à en exposer les limites en terme d’éthique. Après les drones, les exosquelettes, vive le soldat « augmenté » . L’humanité a franchi un nouveau pas : l’horreur c’est maintenant.
Si il vous est arrivé, parfois , lors de conversations entre amis , de discussions sur les affaires du moment, sur ceux qui ont en charge notre destin national et européen, de vous interroger sur l’éthique politique, sur le poids des convictions dans le parcours citoyen, alors vous serez intéressés par un exemple récent de ce qu’est la conviction chez un homme se réclamant de la République. Il n’est pas inutile de rappeler en quoi consiste la conviction, et Larouse soit loué qui nous rappelle qu’il s’agit de « l’ état d’esprit de quelqu’un qui croit fermement à la vérité de ce qu’il pense » ou encore d’un « principe, idée qui a un caractère fondamental pour quelqu’un ». Quelques exemples pour illustrer le propos :
De qui ces formulations définitives, s’agissant de l’accès à la nationalité française ?
1 « Le droit du sol c’est la France . Nous le garderons »
2« Faut-il remettre en cause le droit du sol ? Cette question, incontestablement, peut se poser »
Du même homme : celui qui a changé deux fois sur le droit de vote des étrangers aux municipales, sur l’exploitation du gaz de schiste, sur le port du voile, sur le mariage homosexuel, sur l’aide médicale d’état, pour ne citer que les plus spectaculaires exemples de « convictions » qui permettent de tout dire et son contraire, selon les objectifs du moment. Signé Nicoline Sarkopen . Pour quelqu’un qui se veut le pourfendeur des communautarismes, supprimer le droit du sol au profit du seul droit du sang, la cohérence n’est pas la préoccupation première.
Cet homme est dangereux.
C’est tout pour aujourd’hui et pardon si je commence mal l’été. La prochaine fois j’essaierai de me faire plus léger, si Le républicain auto-proclamé m’en laisse le loisir.

MA