editorial du 18 au 26 janvier

vendredi 18 janvier 2013 par Radio-Grésivaudan

D’aucun diront que je me la raconte, et que j’ai de la chance de faire partie des privilégiés qui peuvent exercer leur métier selon l’emploi du temps qu’ils se choisissent (où à peu près). D’autres que je fais bien peu de cas de la croissance et de ceux qui la soutiennent en se levant tôt, dont Nicolas Ier comme François le français faisaient la promotion en se rendant sur le marché de Rungis. Toujours est-il que cette semaine, je me suis offert de royales grasses mat’, bienfaitrices et salvatrices de la dépression hivernale qui me saisit chaque année au moment où les nuits sont deux fois plus longues que les jours. Et j’avoue qu’entendre mes voisins gratter leur pare-brise à six heures du mat’ m’arrache un léger sourire et un tout petit agacement avant que de me retourner et de me lover contre mon chat pour m’en reprendre une bonne tranche.

Bizarrement, je ne vois pas la mauvaise nouvelle quand on m’annonce sur un ton catastrophé la chute des ventes de voitures, je ne partage pas l’agacement du touriste contre l’état et les services de l’entretien des routes, bloqué qu’il est par les intempéries et les bouchons dans son cross-over rutilant, et je ne m’insurge pas non plus contre les « extrémistes de l’écologie » qui empêchent les braves agriculteurs de la FNSEA de nitrater en rond.

En revanche, je me demande depuis des années pourquoi on dépense autant d’énergie pour ouvrir coûte que coûte et quel que soit le temps, les voies de communications ; pourquoi on jette nos enfants dans la nuit et le froid pour rejoindre les bancs de l’école, pourquoi aujourd’hui il faut travailler plus pour gagner moins...et estimes toi heureux ! Vitamines de synthèse (ou coke) pour tenir le coup, anxiolytiques pour neutraliser le stress de rendre son Powerpoint en retard (!)

Alors que franchement, le taux de productivité du travailleur français étant ce qu’il est : un des plus fort au monde et le taux de chômage en constante hausse, nous serions nombreux je pense, dont le sens du partage serait assez développé pour partager même notre travail et assez de volontaires pour donner le coup de collier nécessaire, alors que l’énergie de la Terre et du Soleil nous met le feu au corps pendant les beaux jours et produire alors les excédents que nous brûlerions l’hiver, entre amis au coin du feu. Un hiver de fêtes, dans la chaleur des foyers et de l’amitié, dont nous sortirions progressivement, un peu bouffis d’amour et de bonne chère (si ça s’écrit comme ça), pour culminer dans une orgie de renaissance, par exemple à l’équinoxe de printemps.

Bon, 17 heures, il fait presque nuit...j’y retourne !

S.R

 


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