editorial du 17 au 25 février

vendredi 18 février 2011 par Radio-Grésivaudan

Tout d’abord, que ce soit dit une fois pour toute, au risque de décevoir l’intelligentsia locale : j’aime mon pays. Cela posé, les temps changent.

Arrosage, bakchich, dessous de table, enveloppes, pots de vin, commissions, pour lesquels on ne trouvait pas de mots assez forts si ce n’est corruption, que l’on dénonçait il y a peu comme la gangrène des états sous-développés, sous-entendu ils n’ont que ce qu’ils méritent, sont devenus monnaie courante en pays gaulois. Quand la fin justifie les moyens ce qui était, selon nos édiles, vice chez les autres est devenu vertu ici bas. Que le douanier d’ailleurs pour arrondir ses fins de mois prélève sa dîme à l’entrée du pays sur le touriste aéroporté semblait une atteinte aux bonnes mœurs occidentales, mais qu’ici chacun se sucre au gré des activités économiques ou financières (on ne fait plus bien la différence) est devenu loi du milieu.

Autre forme de bakchich légalisé, les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes, deux milliards d’euros en 2007, sont une des nombreuses formes de mise à mal de notre système de santé (sept pour cent des assurés n’ont pas de complémentaires, et 40% ont une complémentaire qui ne rembourse pas les dépassements d’honoraires). Après le prometteur travailler plus pour gagner plus et le bien réel travailler plus pour gagner moins, le principe semble être ici : gagner plus sans travailler plus. Avec entre autres conséquences de plus en plus de burgondes, alamans et autres arvernes qui vont se faire soigner les chailles en Hongrie.

 

 

Et vient en mon viscère sommital cette idée détonante : notre faux nain aux origines magyars ne toucherait-il pas quelques milliers de florints chaque fois qu’un gaulois pédale vers Budapest se faire couronner ou bridger, ce qu’il n’est plus possible de s’offrir entre Lutèce et Lugdunum, sans mettre en péril le bas de laine familial ?

 

Idée qui en d’autres temps m’aurait définitivement rangé au rayon parano et qui aujourd’hui ne paraît pas d’une invraisemblance rédhibitoire mais plutôt comme l’ultime interrogation avant de prendre le maquis : Et si ce président n’était qu’un agent infiltré aux services d’autres intérêts que ceux de la France et des Français ?

Heureusement, j’aime mon pays.

S.A