editorial du 14 au 21 mai

vendredi 14 mai 2010 par Radio-Grésivaudan

La pluie permanente de ces dernières semaines nous prive du chant mélodieux des abeilles butinant sur les fleurs à nouveau de retour, de ces valses sonores et des odeurs les accompagnant. Nous pouvons bien sûr puiser dans nos souvenirs olfactifs ou auditifs pour retrouver ses petits bonheurs de la vie. Exercice d’autant plus important que nous risquons de devoir le pratiquer de manière définitive dans les années à venir. En effet, l’Assemblée nationale vient de refuser dans le cadre du Grenelle 2, d’interdire la mise sur le marché des insecticides dangereux pour les abeilles, comme le Gaucho ou le Cruiser.
Ces insecticides "neonicotinoïdes" mis en cause par les scientifiques du monde entier comme déclenchant de graves préjudices aux colonies d’abeilles au point de les faire totalement disparaitre. À cela s’ajoute le fait que le texte prévoit que la décision de retirer tel ou tel pesticide du marché français doit être prise après avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments après évaluation des effets socio-économiques et environnementaux.
S’agit-il là d’un recul formidable, d’une anecdote dans l’avancé du Grenelle ou d’un progrès accompli en matière d’encadrement des produits phytosanitaires.?
Regardons les faits. D’un coté l’ambition du Grenelle est de réduire de 50 % les pesticides d’ici à 2018, de l’autre Nicolas Sarkozy, promet au Salon de l’agriculture de "changer les méthodes de mise en oeuvre des mesures environnementales " et enfin, les discussions au parlement sur le sujet ont été faites dans le cadre d’une discussion restreinte à 30 heures ce qui a empêché l’assemblé nationale de débattre des 105 derniers articles du texte.
L’ensemble de ces éléments peut nous laisser penser à un recul formidable par rapport aux ambitions du Grenelle, régression dictée par les lobbies des pesticides et d’une certaine agriculture. Est-ce vraiment ça ? N’est-ce pas tout simplement la révélation de la réalité de la politique environnementale du Grenelle, du développement durable . Une série d’oxymores qui sont les éléments principaux du lavage vert que nous retrouvons autant au niveau du Grenelle, mais aussi dans les politiques locales et dans le secteur économique.
Toute une série de contradiction comme
défendre la bio diversité et lutter contre la chrysomèle par hélicoptère
parler de réduire l’impact environnemental des énergies et investir dans le nucleaire

défendre une agriculture de proximité et développer des zones industrielles sur les terres fertiles ;
être attentif à la santé publique et mettre une antenne relais sur un immeuble d’habitation ; 
commercialiser des produits bio et les faire produire à moindre cout par des enfants
...
En un mot, mettre sur le même plan les questions de santé, d’environnements avec les considérations économiques. L’apiculture est principalement faite par des amateurs, ce n’est pas un secteur porteur, nous n’allons pas le mettre en concurrence avec la production agricole, un des principaux secteurs de l’exportation française...
Mais comme disait disait Albert Einstein : le jour où les abeilles disparaitront, il ne restera que quelques années à l’homme pour vivre.

E.L
 


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