editorial du 13 novembre au 20 novembre

vendredi 13 novembre 2009 par Radio-Grésivaudan

Certaines choses semblent des évidences, fonctionnement depuis la nuit des temps sans aucun souci. Mais parfois l’actualité permet de mettre en évidence qu’il n’en est rien, que ces acquis sont ressent, qu’ils sont le fruit de luttes importantes et qu’ils peuvent être remis en cause à tout moment. C’est le cas par exemple, pour la contraception ou le droit à l’interruption volontaire de Grossesse. Ainsi pour l’IVG, régulièrement une association d’extrême droite " SOS tout petit " manifeste devant la Maternité de La Tronche ; ainsi, luc Chatel s’oppose au "chèque contraception " de la région Poitou Charente, en transformant la réalité de ce projet.

L’événement de Poitou Charente aurait pu passer inaperçu, mais le bien-pensant, bigot ou traditionaliste Luc Chatel en a voulu autrement. De quoi s’agit-il ? Simplement de donner des chèques " contraception " aux infirmières scolaires pour qu’elles les donnent discrètement aux élèves. Ces chèques sont permettent aller gratuitement à une consultation médicale et à une visite de contrôle, donne accès à des analyses médicales prescrites par le médecin consulté et enfin permettent d’acquérir des contraceptifs prescrits. À cela Luc Chatel répond : "Nous sommes là pour accompagner les élèves, nous avons du personnel compétent, qualifié, qui le fait au quotidien, mais nous n’avons pas à prescrire de la contraception, c’est un acte qui est réservé au planning familial" Où as-t-il vu que les établissements scolaires faisaient de la prescription ? Nulle part. Il s’agit là d’une intervention "morale" ne s’appuyant sur aucune réalité. En fait, la décision de la région Poitou-Charente va permettre enfin à des jeunes filles et jeunes hommes qui n’ont pas les moyens de voir un médecin (ou qui en sont empêchés), de pouvoir enfin se consacrer à leur contraception grâce à un thérapeute.

La sexualité est un sujet illustre parfaitement le retour de valeur conservatrice dans notre Pays. LA réaction de Chatel le montre comme le montre la position du préfet de l’Isère, représentant de l’état et du gouvernement dans notre département. Celui-çi autorise « S.O.S. Tout-petits » une nouvelle fois faire « une prière publique » devant la Maternité de La Tronche. « S.O.S. Tout-petits » est une association intégriste d’extrême droite qui s’oppose violemment, depuis des années, au droit à l’avortement. Elle s’attaque aux droits des femmes à disposer de leurs corps et de façon plus large, à notre droit à vivre notre sexualité librement (contre le PACS, contre l’homosexualité...). Ces rassemblements ont lieu sous la protection de la Police. En effet ces « prières » sont autorisées systématiquement par la préfecture alors qu’elles ont pour buts de faire pression sur le personnel soignant, de traumatiser les femmes qui ont recours à une IVG ! Cette association multiplie collage sauvage et bombage sans que les services de l’état ne réagissent ! Alors que le droit à l’avortement est un droit et qu’une loi existe condamnant l’entrave à l’IVG.

La liberté sexuelle a évolué grâce à de nombreuses luttes depuis des décennies. Quelques dates illustrent ces combats encore récents et toujours d’actualité : Ce n’est qu’en 1956 que naissait le Planning familial sous le nom de "maternité heureuse ", petite association qui reçoit dans l’illégalité pendant de nombreuses années ( 6 ans). Ce n’est qu’en 1971, que le planning devient une association reconnue comme mouvement d’éducation populaire. Et la même année sort le manifeste des 343, également appelé manifeste des 343 salopes, pétition parue le 5 avril 1971 dans le Nouvel Observateur, et signée par 343 femmes affirmant avoir subi un avortement, s’exposant ainsi à l’époque à des poursuites pénales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement. En 1973, soit cinq ans après le vote de la loi autorisant la contraception, les décrets d’application paraissent enfin au Journal officiel. La Marche des femmes du 6 octobre 1979 : la loi restrictive du 31 décembre 1979, les répressions exercées, spécialement à l’encontre des médecins, la campagne pour le troisième enfant prouvent que le combat n’est pas fini. En 1986, après les élections, suppressions du Ministère des Droits des Femmes et son remplacement par une Délégation à la Condition féminine ; menaces explicites de suppression de remboursement de l’IVG, deux associations départementales du Planning sont inculpées. En 1991 seulement, lever de l’interdiction de publicité sur les moyens de contraception. En 1992 connait le non remboursement des nouvelles pilules et dé remboursement des pilules plus anciennes. La même année, les Actions commandos contre l’exercice du droit à l’avortement se multiplient. Alors la Mobilisation massive de 40 associations, syndicats, groupes de femmes amènent le Vote de la loi sur le "délit d’entrave à l’IVG". En 2009, à peine plus de 15 ans plus tard, le préfet de l’Isère autorise régulièrement des manifestations, sous protection de la police, de groupe violemment anti-IVG... Le ministre de l’Éducation s’oppose à ce que l’on donne les moyens à des jeunes par le biais des infirmières scolaires, d’aller consulter des médecins au sujet de la contraception.

L’histoire se répète, et la liberté de gérer la seule chose que nous possédons, notre corps, n’est pas encore acquise...

E.L


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