editorial du 13 mars au 20 mars

vendredi 13 mars 2020 par Radio-Grésivaudan

Est-ce bien nécessaire ? Est-ce même utile ? Que dire qu’on n’ait déjà ressassé ?En quoi suis-je légitime pour ajouter au brouhaha médiatique ? Reformuler, interroger, assener, douter, ironiser ? Que faire ? Se taire ? On mesure , à l’aune de cette situation, la difficulté pour un éditorialiste de s ’inscrire dans l’actualité, sans être accusé de récupération, alors que tout frissonne autour de lui. Paradoxalement s’il renonce à s’exprimer on mettra en doute son honnêteté intellectuelle en l’accusant même parfois d’être un valet au service de je ne sais quelle idéologie ou de je ne sais quel groupe industriel..
Et pourtant, mon grand âge devrait me mettre à l’abri de telles insinuations car il participe, nolens volens, à la problématique même de la chose. Et si quelqu’un à bien des raisons d’être préoccupé par ce qui agite notre communauté, c’est bien moi. Alors, m’abstenir ? Si encore j’habitais dans la Creuse- 117.000 habitants, et 21 habitants au m2- un silence de ma part serait compréhensible. La-bas il y a de la place et , les sociologues post-modernes nous l’assurent, le bisou à tout bout de champ - si l’on peut dire - n’est pas une pratique banalisée de la culture rurale. On y remarque , pourtant, essentiellement chez les hommes, la pratique d’une sorte d’étreinte, dite bourrue (ou paysanne, selon les auteurs) qui pourrait, mais seulement à la périphérie , favoriser la migration de créatures toxiques.
 Mais ce qui me paraît le plus intéressant c’est le traitement sémantique que l’on réserve à la chose et qui témoigne de la fatuité et de la prétendue supériorité de notre espèce et son goût pour l’abstraction. S’agissant d’animaux, l’épithète s’impose qui éclaire le phénomène en le baptisant : c’est ainsi que la vache devient folle et le mouton tremblant. Je sais bien que dans un cas il s’agit de virus et que dans l’autre ce sont des prions qui s’agitent. Mais, quand même , n’oublions pas qu’ eux et nous sommes des mammifères et que , en ce qui me concerne, mourir sous les atteintes du virus de l’homme toussant, ce serait autrement éclairant que de succomber au Corid-19. J’en resterai là pour cette question, tout en regrettant l’imprudence de certaines recommandations : ainsi de cette façon de se saluer avec les talons qui, chez les personnes âgées- déjà branlantes - entraînent chutes et luxations et coûts supplémentaires pour la Sécurité sociale qui n’a pas besoin de ça.
Encore un mot peut-être. Evitons, dans toute la mesure du possible, de nous rendre à la pharmacie avec des brouettes ou autres caddies. Un petit sac en papier suffit. J’ai essayé et ça marche.

Je ne vous embrasse pas,

MA

20 ventose 228


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