editorial du 13 au 20 janvier

vendredi 13 janvier 2012 par Radio-Grésivaudan

L’EPRA, c’est un Groupement d’Intérêt Public qui existe depuis 20 ans, et ça veut dire Echanges et Productions Radiophoniques. Echanges, parce qu’elle permet aux radios associatives partenaires (près de 170 dispersées sur le territoire français) de s’échanger des émissions, à travers une plateforme où sont stockés de nombreux reportages, entretiens, magazines, etc. Productions, parce que ces mêmes radios associatives qui récupèrent des programmes pour les diffuser, peuvent elles aussi être productrices d’émissions.

A Radio Grésivaudan, on est adeptes de l’EPRA depuis de longues années, et vous êtes sûrement tombés, au hasard de vos écoutes sur nos ondes, sur des reportages réalisés dans le cadre de l’EPRA. Avant, on diffusait les EPRA des autres radios tous les après-midis de la semaine (sauf le mercredi), de 15h à 16h30. Cette année c’est les lundis et mardis de 14h à 14h30 et les jeudis et vendredis de 13h30 à 14h. Et puis à Radio Grésivaudan on est aussi producteurs d’EPRA, si bien qu’on réalise deux émissions par semaine dans nos contrées, diffusées les mardis et jeudis à 8h30, avec rediff les mercredis et vendredis à 12h30.

Pourquoi je vous parle de l’EPRA ? Eh bien parce que tout ça, ça pourrait se terminer. Pour faire simple et en gros, l’EPRA est financée par l’Etat via des ministères, et notamment l’ACSE (Agence pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances). Avec cet argent, l’EPRA achète aux radios associatives partenaires des émissions, à condition qu’elles traitent de questions relatives au lien social, à la solidarité, aux initiatives de quartiers, et qu’elles soient le relai de paroles citoyennes.

Pour nous, producteurs d’EPRA, ça offre une très large variété de sujets et une totale indépendance dans leur traitement. Ca nous emmène nous et nos micros dans des terrains très divers avec des atmosphères très variées, ça nous fait rencontrer plein de gens qui la plupart du temps n’ont jamais eu l’occasion de causer dans un micro, ça nous fait découvrir des initiatives très positives de citoyens, et toutes ces expériences intéressantes que nous rencontrons sur le terrain, on vous en propose les meilleurs moments sur nos ondes, via nos émissions.

Eh bien, tout ce travail de proximité, de lien social, de mise en valeur de projets et de paroles, on risque de le perdre. L’Etat a déjà diminué les budgets alloués à l’EPRA de 25% en 2011, et pour 2012 ce même budget n’a pas encore été voté. L’EPRA nous a annoncé cette semaine que pour le moment, elle n’est pas en mesure d’acheter des programmes aux radios. En effet, le Conseil d’Administration au cours duquel « la présentation et l’adoption de l’état des prévisions de recettes et de dépenses pour 2012 » devaient être abordées, a été annulé et repoussé à une date indéterminée. Pour le moment on en est donc là : pas de CA, pas de vote du budget, pas d’achat de programmes et toutes les conséquences qui en découlent. Et pour 2013, les perspectives ne sont pas meilleures : la convention du Groupement d’Intérêt Public EPRA arrive à terme fin 2012, l’EPRA pourrait donc complètement disparaître.

C’est donc des décisions de hauts fonctionnaires et de ministres dont dépend l’avenir de l’EPRA, et indirectement de salariés de radios, sans compter tout le travail réalisé sur le terrain, la mise en avant d’initiatives d’habitants, les paroles de citoyens, etc etc. Et ces décisions, elles sont prises dans des bureaux, peut-être même au détour d’un couloir, ça ne dépend peut-être même que d’une poignée de mains, d’un café entre deux réunions au sommet. Très loin du terrain, des radios, des quartiers, des citoyens. Voilà comment fonctionne le système.

Plus d’infos sur l’epra : www.gip-epra.fr

Si vous voulez écouter des émissions EPRA réalisées par Radio Grésivaudan, rendez-vous dans la rubrique Archives Sonores/Emissions thématiques/Les Voisins d’A Côté.

E.P