editorial du 13 au 20 avril

vendredi 13 avril 2012 par Radio-Grésivaudan

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Appel à mobiliser la société face au pic pétrolier : vaste chantier !

Les scientifiques ne cessent d’alerter, de simples citoyens crient leur effarement devant l’aveuglement, l’OCDE exige un changement radical, les associations s’épuisent à répéter la même chose et de nombreux politiques ne savent plus quoi faire : comment créer la prise de conscience collective qui nous permettra d’arrêter un système qui va dans le mur ?

Il fallait de l’audace et de la ténacité pour reprendre l’initiative dans ce dur combat : ce sont des citoyens qui ont relevé le défi. Ils savent ce qu’ils disent et ce qu’ils font : ils ont réuni la crème de l’expertise sur le pétrole et des représentants de ceux qui travaillent à l’après-pétrole. Ils ont été rejoints par des citoyens sortis du net. Des ingénieurs et des scientifiques bien sûr, mais pas uniquement : des journalistes, des politiques et des personnalités diverses sont impliquées. Ce qui les réunit est leur acharnement à vouloir faire comprendre des choses d’une simplicité enfantine et qu’il n’est plus permis d’ignorer :

  • la Terre est ronde et ne fabrique plus de pétrole. La quantité de pétrole que l’on arrive à extraire chaque jour du sol ne peut augmenter indéfiniment : elle a atteint son maximum. Nous savons donc que nous sortirons moins de pétrole demain que ce que nous sortons aujourd’hui. Pas de chance : nous serons plus nombreux à en vouloir.

  • Nos économies sont gravement dépendantes du pétrole, parce que le pétrole est de loin l’énergie abondante et peu chère la plus facile à utiliser. Cette dépendance est si forte que toute augmentation du PIB se traduit mécaniquement par une augmentation de la consommation de pétrole.

Il découle de ces deux faits solidement établis une réalité que nous devons accepter : puisque nous avons de moins en moins de pétrole, nous ne pourrons pas augmenter notre PIB. Les faits sont solidement établis et le raisonnement d’une logique inébranlable. Il faut avoir le courage de dire cette vérité et d’en comprendre ses conséquences : le PIB va baisser, c’est le programme politique que nous impose la réalité.

Mais pourquoi ce qu’un enfant peut comprendre n’est-il pas entendu par les plus hauts responsables de la société ? La réponse relève évidemment de la nature humaine : il y a des vérités qu’on ne veut pas entendre et l’être humain a parfois besoin d’être confronté à la réalité pour ouvrir les yeux. A la fin, c’est toujours la réalité qui s’impose, mais il est parfois trop tard, et c’est en raison de ce risque que la société ne peut plus attendre.

Le climat ne se réchauffe pas assez vite pour nous sortir de notre torpeur. Il nous reste encore des minerais pour quelques années. L’accès à l’eau a toujours été un problème, mais il continue à pleuvoir. La bio-diversité s’éteint en silence. Il nous reste des espaces vierges à saccager. La misère humaine est méprisée. Le système pourrait encore fonctionner quelques années s’il ne se heurtait, aujourd’hui, à cette limite incontournable de la quantité de pétrole que la Terre peut fournir quotidiennement à notre économie assoiffée. Les pétroliers disent : « Les vannes des puits sont ouvertes à fond : on fournira toujours de moins en moins maintenant et ce sera plus difficile et plus cher ». Les experts du climat rappellent qu’« il faut sortir vite des énergies qui font du CO2 ». « Nous allons craquer avec un pétrole aussi cher » pensent les économistes. « Nous ne pouvons plus acheter notre pétrole quotidien » pleurent les citoyens.

Continuer de faire fonctionner ce système économique n’est plus une option : le « business as usual » se heurte aux limites physiques de la planète en même temps qu’il heurte les limites de l’humainement tolérable. Le corps social se fissure avec le système économique : arrêtons la machine folle avant qu’il ne soit trop tard !

La conviction profonde qui anime les initiateurs de cet appel est que l’espoir est là : le calendrier politique et les saisons le montrent. Nous sortons d’un hiver figé par la rigueur financière pour un printemps tant attendu : la renaissance de l’économie est pour cette saison. Les citoyens vont s’exprimer et dire ce qu’ils veulent. Il est de leur devoir de faire naître un nouveau monde avec de nouvelles règles : le pouvoir appartient définitivement aux citoyens, l’économie est au service de tous les êtres humains, préserver notre environnement est une nécessité vitale commune.

Nous saurons vivre sans pétrole puisque nos ancêtres ont su le faire et que les générations futures devront savoir le faire : serions-nous des générations d’incapables, des drogués du pétrole incurables ? Il suffit d’avoir foi en la capacité d’évolution de ses congénères, de s’appuyer sur les forces de chacun et de tourner les énergies vers ce projet enthousiasmant : bâtir le monde de demain, un monde où l’on aura appris à vivre ensemble en partageant et en ne gaspillant pas, parce que le respect des objets va avec le respect des personnes. Si jeter les objets nous a amené à jeter les gens, aller dans l’autre sens sera un progrès pour toutes et tous. Retrouver le contact avec la terre en la cultivant et cueillir des fleurs guérira mieux les souffrances que les médicaments. Nous gagnerons à redevenir de simples humains.

ElaX

Ce texte est dédié à Mohamed Bouazizi. Je ne saurais mesurer la souffrance qui t’a poussé à ton sacrifice : sache qu’il eut une portée universelle. J’aurai pu n’écrire que ces quelques lignes et le monde entier m’aurait compris. Elles t’appartiennent. Hé ! Forces vives de la nation, sortez de l’indignation de salon !

Nous avons perdu du temps, mais voici venu le temps du printemps !
Nos sœurs et nos frères arabes l’ont dit au monde entier :
Un marchand ambulant peut annoncer le printemps. 

 

 

 


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