editorial du 12 au 19 avril

vendredi 12 avril 2013 par Radio-Grésivaudan

Un des clichés récurent trop souvent scotché sur le front de la femme, c’est qu’elle est douce et compréhensive, maternelle et non violente par nature... En tant que femme, je pourrais estimer que c’est hyper flatteur, chic et plutôt classe, mais si je fais preuve d’esprit critique et que je sors de ma botte secrète ma clairvoyance et ma lucidité, ça me donne envie de m’exprimer très vulgairement et de devenir verbalement violente, chose qui, si l’on en croit les clichés, ne devrait même pas passer par le cerveau d’une femelle normalement constituée. Pourtant, je vous l’assure, je suis biologiquement à la pointe de la féminité...
Avertissement : mon objectif ici est de démontrer que les clichés sentent vraiment très mauvais, que les femmes ne se réduisent pas à de la gentillesse et à de la délicatesse gratuites et sont des êtres humains comme les autres, munies de tares et capables d’excès, et que là, on en a la preuve décédée...
Dans son Miss Maggie sorti en 1985, à la fois hymne à la femme non stéréotypée et véritable pamphlet contre une Margaret Thatcher en plein buzz, le jeune rebelle Renaud chante que l’exception confirme la règle et sous-entend (merci Renaud) que les généralités ne font souvent pas bon ménage avec les réalités. Pendant son mandat de premier ministre du Royaume Uni qui a duré exactement 11 ans, 6 mois et 24 jours, la Dame de Fer n’a pas volé son sobriquet, prouvant au monde entier que les clichés étiquetés à la gente féminine, on pouvait se les carrer bien profondément dans le séant.
Douce... Miss Maggie a-t-elle, pendant son mandat, fait preuve de douceur envers ses compatriotes ? La dissuasion nucléaire, est-ce une manière douce de protéger ses congénères ?
Compréhensive... Fermer les mines de charbon et imposer le chômage à des dizaines de milliers de travailleurs, est-ce vraiment tenter de les comprendre ? Et mettre des bâtons dans les roues des syndicats, est-ce que c’est tenter de comprendre les travailleurs ?
Maternelle... Ne pas réagir face aux grèves de la faim d’hommes de l’IRA provisoire, allant jusqu’à laisser mourir 10 personnes, est-ce bien de l’ordre de l’instinct maternel ?
Non violente... Et la guerre des Malouines, et les mineurs, et les syndicats, et les grévistes de la faim, et la dissuasion nucléaire ?
Et et et...
En voilà, un bon paquet d’exceptions poussées jusqu’à d’inacceptables extrêmes ! Et tout ça par une seule et même femme !
Dans chaque être s’emboîtent et se croisent féminité et masculinité, individualité et humanité. Chaque individu a ses qualités et ses défauts, son tempérament et ses particularités, sa propre complexité. Et oui, certaines femmes peuvent même se comporter en tyrans ! Encore une occasion pour tirer la chasse aux généralités !
 
E.P