editorial du 11 au 19 juin

vendredi 11 juin 2010 par Radio-Grésivaudan

Les plans de rigueur se succèdent à l’échelle européenne et en France les médias ne parlent que de ça : la crise et son cortège de mesures draconiennes qui s’annoncent... comme si l’augmentation de la durée de cotisations pour les retraites ne suffisait pas, un autre chiffre émerge, annonçant de nouvelles coupes sombres dans notre protection sociale, celui du déficit de la Sécu qui approche les 27 milliards d’euros...

Las de toutes ces mauvaises nouvelles,

Revenons aux fondamentaux

D’abord les expressions consacrées comme celle du « trou » donnent l’impression qu’il y a un excès ou un dérapage des dépenses, en particulier des dépenses de santé. Or celles-ci augmentent de 3% par an, comme dans tous les pays développés. 

De plus, le déficit de la Sécurité sociale n’en est pas vraiment un puisque c’est le Parlement qui se prononce chaque année sur une enveloppe. Alors si les recettes viennent de l’impôt et des cotisations sociales, dont le niveau dépend de la conjoncture économique, il est normal qu’elles baissent et qu’elles ne suffisent plus à satisfaire les besoins en financement.

Dans le même temps les taux de prise en charge des dépenses de santé baissent régulièrement. Ils étaient à 77,5% il y a quatre ans, contre 75% aujourd’hui à cause notamment de l’instauration du ticket modérateur et des franchises médicales. Cela représente 3 milliards d’euros transférés de la sécurité sociale vers les ménages.

La question qui se pose est donc la suivante : faut-il que le déficit soit assumé par tous et par l’impôt ou que chacun se débrouille de son côté ? C’est un vrai choix de société et le mythe du « trou de la sécu » nous prive de ce débat démocratique.

AL.M