editorial du 11 au 18 janvier

vendredi 11 janvier 2013 par Radio-Grésivaudan

Voilà, c’est fait. 2013 s’impose dorénavant à tous ceux qui reconnaissent la validité du calendrier géorgien. Pour les autres, c’est leur affaire. Et je ne vois pas pourquoi je céderais à l’intolérable pression de ceux qui élèvent l’anti-conformisme au rang de dogme post-moderne en renonçant à vous présenter mes voeux de bonne année. D’autant plus que le concept est assez vague, assez ouvert, et qu’une « bonne » année parle autant au viticulteur qu’au capilliculteur : pour l’un c’est l’espérance d’une bonne météo, d’un bon rendement, pour l’autre la progression exponentielle de la vente des shampooings nouvelle génération(?). Pour moi, ça me regarde, et je n’aurai pas l’outrecuidance d’exhiber mon intimité et ce que serait pour moi une bonne année. Restons en là et bonne année à tous et à toutes, fidèles zauditeurs de Radio Grésivaudan.

Il reste que, s’agissant d’un édito dont j’ai la charge cette semaine, il m’appartient de proposer un thème susceptible de retenir l’attention des lecteurs, j’allais dire des fidèles, imprégné malgré moi de la sainte ambiance qui baigne depuis quelques jours l’ensemble des commentaires traitant du mariage pour tous. Je ne sais si je suis bien placé pour ajouter ma glose au concert médiatique, ignorant que je suis du mariage et vivant depuis plusieurs décennies dans le péché. Mais comment rester sans voix quand une minorité* prétend imposer sa sainte loi à une majorité** qui se déclare favorable à cette évolution du droit. Qu’est-ce que cette soudaine exigence, pour une institution, l’église catholique, héritière de la Bible, du polygame Noe, de l’incestueux Loth qui, tout au long de notre histoire n’a pas reculé pour bénir les mariages pédophiles quand il s’agissait de celui des princes et des rois. Qu’est que cette famille que l’on nous présente comme un modèle intangible alors qu’il ne s’agit que d’un modèle inventé par la bourgeoisie du XIXéme siècle : il n’y a pas de famille traditionnelle et l’histoire de l’humanité a connu bien des modes de famille. Et que je sache, l’anthropologie appartient au domaine des sciences humaines, pas à celui de la théologie et ce qui se comprendrait dans un régime théocratique est incompatible dans un régime démocratique. Rappelons enfin que le mariage dont il s’agit est un mariage civil et qu’il n’ a pas à se soumettre aux exigences dogmatiques des religions quelles qu’elles soient. Ouf !

« Te voilà bien sérieux » m’interpelle mon ami Marcel (qui est loin d’être etc...) peu habitué à me voir ainsi sacrifier à la réflexion métaphysique et aux exégèses christiques. Et il faut bien reconnaître que « tout cela ne contribue pas à mettre du chrème dans les épinards » ajoute-t-il témoignant ainsi de sa rusticité de mécréant. Il faut bien reconnaître qu’il lui manque cette componction que l’on trouve chez ceux qui ont en charge l’édification de leurs ouailles. Boutin soit louée, les déclarations de la hiérarchie sont rassurantes : peu de ses représentants se risqueront à la fréquentation des saintes foules , fussent-elles de bon aloi. Ainsi l’archevêque de Paris ira « peut-être saluer les manifestants, mais ne marchera pas » . Ce « peut-être » vaut son pesant de faux culisme et, reconnaissons- le , a bien du charme.

J’arrête là ce que de mauvais esprits pourrait dénoncer comme de l’anti- cléricalisme primaire. Outre que je n’en connais pas de secondaire, c’est aller un peu vite et ma longue existence est remplie de rencontres et de fréquentations avec des brebis consacrées sans qu’il m’en coûte le moins du monde, surtout quand elles avaient les atouts et les appats qui font le charme des modèles d’Ingres ou de Fragonnard. Chacun a les alibis qu’il peut mais je revendique un réel attachement à cette vertu qui s’appelle la tolérance, ce qui ne veut pas dire qu’il faut accepter n’importe quoi. Agnostique je ne m’occupe pas du sexe des anges, que l’église ne se préoccupe pas du sexe des hommes , homos ou hétéros.

Allez en paix.

MA

*45,5% des Français sont catholiques ( INED) et les pratiquants représentent 6% de la population française.

**60 % des Français se déclarent favorables au mariage pour tous.


forum

  • Ici Marcel
    11 janvier 2013, par Marcel

    Marcel est heureux de voir apparaître son nom sous la plume de son ami Max et félicite celui-ci pour la formule qui conclut l’édito. Je dis bravo ça c’est envoyé !