editorial du 11 au 18 février

vendredi 11 février 2011 par Radio-Grésivaudan

Une femme vient de s’immoler par le feu devant l’Elysée !
Alors que notre Premier Ministre fricote avec le pouvoir dictatorial égyptien et que notre Ministre des Affaires Etrangères nous ment effrontément sur ses vacances tout jet payé par un proche du désormais ex président tunisien, la majorité des français se contente d’encaisser les nouvelles sans dire un mot, plus soucieuse de savoir s’il va neiger sur les pistes demain ou si la France va gagner le match amical contre le Brésil. Certains, à la limite, regarderont avec attention le débat entre notre chef d’Etat et une mini poignée de français pour se donner bonne conscience et se prétendre intéressés par la vie politique française (débat qui a lieu sur TF1 et auquel ne sont autorisés à participer ni militants ni syndicalistes). Parmi tous ces français(es) rivés sur leurs écrans et autres postes de radio, seule une minorité de français(es) se mobilise vraiment et se rebelle, comme cette jeune femme de 34 ans qui n’a trouvé d’autre
solution pour se faire entendre que de se poser en martyr en mettant le feu à son corps innocent.

Evidemment, ceci n’est que fiction, et c’est à se demander si même le suicide d’une jeune prolo militante inciterait les français à se mobiliser. Jusqu’où faut-il qu’ils poussent le bouchon pour qu’on lève les yeux de notre confortable individualisme ? Deux de nos ministres s’ébrouent au soleil avec leurs amis dictateurs en pleine crise politique, et personne ou presque ne pipe mot. Et notre chef de l’Etat d’en rajouter une couche au Conseil des Ministres de ce mercredi en déclarant qu’il faut « impérativement favoriser la diffusion d’une véritable culture de la déontologie dans la vie publique française ». Non, mais oh !

Alors, quand allons-nous, français(es), soi-disant réputés pour notre esprit de lutte et de mobilisation, descendre dans la rue une bonne fois pour toutes pour dénoncer les conflits d’intérêt et autres abus de pouvoir exercés par ceux qui nous gouvernent, et faire pression jusqu’à ce que ces mêmes gouvernants démissionnent ?
Peut-être qu’il est temps d’aller au-delà de l’indignation que nous propose un homme de 90 ans, et d’agir réellement pour être moins pris pour des cons .

E.P