editorial du 08 au 15 fevrier

vendredi 8 février 2013 par Radio-Grésivaudan

Ne jamais lire la presse sérieuse le soir avant de se coucher.

Je veux dire celle qui nous fait soudain prendre conscience du gouffre abyssal de notre ignorance, et nous révèle, tout à trac, qu’on prenait encore une fois des vessies pour des lanternes.
Je savais bien, vu mon âge avancé, qu’il est des activités, auxquelles il me faut renoncer, eut égard au cerveau quelque peu fatigué par beaucoup d’années de bons et loyaux services à une République peu reconnaissante, spécialiste des réformes annoncées au clairon, vendues comme panacée, puis immédiatement démolies par le sinistre suivant, m’obligeant soit une position digne de l’autruche, soit à une contorsion mentale impossible, ce qui revient d’ailleurs au même .

Alors que les vapeurs naissantes du sommeil m’enveloppaient, je vis alors Zlatan le grand, à la tête de maliens du nord, arborant un maillot du Paris Saint Germain estampillé qatari, sermonner sévèrement le gouvernement, sur sa précipitation à envoyer, place de la République, des bataillons d’enfants, armés de pancartes, réclamant le droit d’avoir deux papas ou deux mamans, et refusant d’aller au boulot lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi, non stop. Arborant une discrète pancarte « oui au nucléaire »notre François, les poches pleines d’uranium africain, tout sourire tendu, serrait les mains à une foule d’indignés grecs, portant un masque à l’effigie de la chancelière allemande.

Pour une fois, je compatis, en ces jours de redoux brutal, avec cette insupportable mouche, que d’habitude je chercherais à abattre debout sur le lit, un tee shirt à la main. Cette mouche sortie d’une encoignure, dans laquelle elle avait trouvé refuge pour survivre au coup de froid : zombie, complètement paumée, se cognant partout et surtout sur la petite lampe à trente centimètres de mon nez.

Au matin, je me réveille. Vaseux.

Ne jamais lire la presse sérieuse le soir avant de se coucher.

Et j’écris, dans cette demi conscience qui autorise le n’importe quoi, le discours d’un Président désinhibé, victime de je ne sais quel incident, ou incidemment piqué au penthotal qui avouerait tout à trac :

-qu’il ne peut combattre la finance, puisque ses bons amis sont potes avec les milieux d’affaires, et que dans la chute, tant qu’on ne touche pas le sol, on n’a pas mal.

-qu’une bonne guerre, ça calme le peuple et assure les matières premières, ce qui ne fait pas de mal en ces temps de disette.

-qu’avec le temps, on aurait bien du finir par comprendre que les promesses électorales c’est du flan !

Etc, etc…

Il pleut.

Au point où j’en suis, je m’achève.

Séance cinéma.

J’enchaine deux bijoux récents : « l’exercice du pouvoir » et « les nouveaux chiens de garde ».

Et je mets une pancarte sur ma porte : Retraité d’humeur massacrante, c’est pas le jour !

JM.F

 

 

 


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  • editorial du 08 au 15 fevrier
    8 avril 2013, par URkuVSRxcsV

    Cher Gabale, gaulois du Ge9vaudan,Ton jelovat a manque9 de faire mouche. Mon chapeau est tombe9 et mes moustaches e0 la Bove9 se sont redresse9es. Ce texte inte9ressant, extrait d’un blog qui ne l’est pas moins, m’incite toutefois e0 redresser quelque peu ta barre. D’autant que tu dis avoir ab de l’amitie9 et de la conside9ration pour les paysans bb.Voile0 20 ans que des loups en provenance d’Italie investissent des espaces qui semblent leur convenir vu le dynamisme de cette petite population de pre9dateurs. De vrais spe9cialistes de cet animal nous expliquent qu’en effet, les loups prote9ge9s en Italie sont le0 of9 ils sont aujourd’hui sous plusieurs effets : 1) Un statut de protection inte9grale en Italie, en France et en Suisse, pays signataires de la convention de Berne sans re9serve aucune, contrairement e0 d’autres pays he9bergeant des loups (Espagne…) ; 2) Des territoires ruraux de9sertifie9s : En Provence-Alpes etc, seuls les e9leveurs pastoraux subsistent dans d’immenses zones, qu’elles soient de plaines incultivables (Crau), de collines embroussaille9es (Alpilles, Luberon…) ou d’alpages de montagne. Un seul exemple : les troupeaux de moutons sont un des moyens de limiter l’impact des incendies de foreat en pre9levant une partie de la broussaille combustible dans des zones of9 aucune machine ne pourrait pe9ne9trer. Avec la pre9sence furtive des loups, ce travail devient beaucoup plus complique9. Mais les loups y ont pourtant toute le9gitimite9 e0 mes yeux car, 3) Ple9thore d’ongule9s sauvages (sangliers, chevreuils, mouflons, chamois, cerfs…) qui viennent de re9introductions anciennes, suivi d’une gestion rele2che9e de la part d’une population de chasseurs vieillissante.Donc les loups auraient toute le9gitimite9 e0 partager ces milieux avec les e9leveurs pastoraux e0 condition qu’ils soient ab bien e9leve9s bb. Car un loup digne de ce nom doit se nourrir sauvage. C’est sa le9gitimite9 de pre9dateur. Sinon, comme l’ont tre8s bien dit Jose9 Bove9, Nicolas Vanier, David Mech et bien d’autres encore : ab Un loup qui s’attaque aux animaux domestiques doit eatre e9limine9 bb.Et c’est la que je pense que l’Etat de9tient une e9norme responsabilite9 dans la situation actuelle. En prote9geant inte9gralement cet animal, on en a fait une sorte de ab de9linquant bb qui vit au crochet des e9leveurs pastoraux. Alors que, je me re9pe8te, il a le geete et le couvert assure9 avec de la faune sauvage surabondante dans un milieu peu peuple9. Actuellement, avec un passif de 20 ans d’inaction de la part de l’Etat qui n’a pas su (voulu) prendre ses responsabilite9s, d’une part face e0 ce statut de protection inte9grale imbe9cile et d’autre part sous le poids d’associations ab e9colos bb fanatiques, les loups sont e0 nouveau menace9s de disparaeetre en France. Car une espe8ce, quelle qu’elle soit, non ge9re9e, devient une espe8ce envahissante, parasite, nuisible, qui fera tf4t ou tard l’objet de re9pression, puis disparaitra. Dommage pour les loups et tant pis pour les services qu’ils auraient pu rendre e0 l’e9cologie.De son cf4te9, l’homme, par le pastoralisme, a cre9e9 des milieux favorables e0 de multiples espe8ces de biodiversite9 (qui ont parfois le de9faut d’eatre moins sexy que le loup : insectes, reptiles ). Pour rappeler que conside9rer les grands carnivores comme espe8ces symboliques, ou prioritaires, ou que sais-je encore, n’est pas bonne gestion e9cologique. Face e0 l’c9pe9e de Damocle8s qu’est l’attaque de loups sur un troupeau (troupeau qui repre9sente beaucoup plus qu’un outil de production), la solution est malheureusement le fusil. Je parle d’un coup mortel lorsqu’il y a prise sur le fait d’un loup qui attaque. Je veux parler, avant cette extre9mite9, de coup de fusil douloureux administre9s non pas par les e9leveurs et bergers qui ont d’autres chats e0 fouetter (qu’est-ce que les chats viennent faire dans cette histoire ???) mais par des gardes assermente9s qui quadrilleraient le terrain gre2ce e0 des syste8mes de repe9rage de loups e9quipe9s de balises e9lectroniques ou d’autres proce9de9s de suivi (je ne suis pas un spe9cialiste, mais je sais que e7a se fait ainsi aux USA). Voile0 en gros mon sentiment. Je sais que c’est pas gagne9 d’avance, mais sans e7a… Tu m’as compris !Les chiens errants : il existe une publication scientifique re9cente qui a e9tudie9 par enqueate l’impact des chiens divagants (et non pas errants, car ils ont un maeetre) dans des re9gions sans loup : les taux de mortalite9 sont toujours infe9rieurs e0 0.5% dans ces troupeaux, et les chiens sont souvent et rapidement repe9re9s, et leurs proprie9taires assure9s. Dans les re9gions e0 loups, les de9ge2ts sont beaucoup plus importants depuis que les loups sont le0. Les chiens seraient-ils devenus plus dangereux ? Comme les loups se de9placent, les syste8mes d’e9levage en usage actuellement dans les Vosges ou le Massif central vont connaitre des proble8mes : pas de gardiennage (parcage syste9matique), troupeaux e9clate9s en petites unite9s de gestion (beates vides, ou gestantes, ou allaitantes avec des petits agneaux…), chiens de protection difficile e0 multiplier dans de telles conditions, pas ou peu de salarie9s (berger). Bon courage les gars !La peur du loup ou le fantasme ab Ge9vaudan bb : Lorsqu’un e9leveur alpin ramasse 4 ou 500 brebis mortes au fond d’un ravin, on ne peut plus parler de fantasme. Mais il est vrai que les nouveaux loups n’ont encore jamais attaque9 quiconque, contrairement aux loups des sie8cles passe9s. Le0 non plus, pas de fantasme. Lire plutf4t les ouvrages de J-Marc Moriceau.Les indemnisations : A l’origine, elles ont e9te9 cre9e9es pour e9viter des prix e0 la consommation trop e9leve9s. Que certains en profite, peut-eatre. Il faut quand meame savoir que l’e9levage ovin pastoral est subventionne9 e0 50% et qu’il reste pourtant une des productions agricoles les moins re9mune9ratrices. Je parle bien des pastoraux dont je rappelle qu’ils sont les derniers des Mohicans avant la friche.Ca m’ame8ne e0 tes 2 points de conclusion : label de qualite9 et tourisme, ou : les e9leveurs n’ont qu’e0 s’adapter au loup…Les labels de type Unesco, ce n’est pas le loup qui les a apporte9 mais bien les e9leveurs puisque c’est le pastoralisme ancestral, ses pratiques et ses paysages qui sont labe9lise9s par l’Unesco. Et c’est cette association qui ame8nera le tourisme. Car si tu veux parler du parc e0 loup du Ge9vaudan comme attraction touristique, je crains que cette prison les laisse dubitatifs, contrairement aux paysages des causses avec pour seul exemple la re9introduction (re9ussie dans ce cas) du vautour fauve avec les apports volontaires de carcasses de la part des e9leveurs.Donc des loups, d’accord, mais sauvages, invisibles, discrets, et donc acceptables… sinon, ce sera le retour au XIXe sie8cle et e0 ses pratiques de chasse pour le moins contestables (poison).Bien e0 toi,Tocane