editorial du 3 au 10 janvier

dimanche 22 décembre 2013 par Radio-Grésivaudan

« Bonne année ! Que tes rêves les plus fous se réalisent ! », « Plein de belles choses pour cette nouvelle année ! », « Santé, bonheur, réussite, étude et travail », « Meilleurs vœux pour cette nouvelle année, plein de bonheur et tout et tout », « Bonne année, santé, que le bonheur et la réussite soient au rendez-vous », et j’en passe et des meilleur(e)s...
Voilà un échantillon des messages que j’ai reçus pour me souhaiter la bonne année. C’est gentil et mignon, bien intentionné évidemment. Mais le problème, c’est que j’ai un peu un problème avec les messages communs, destinés à la totalité des contacts qui peuplent les cartes sim. Certes, ces attentions témoignent de la bienveillance de celles et de ceux qui les ont envoyées, et je ne le remets pas en cause. Mais toute cette frénésie autour de la Saint Sylvestre me laisse songeuse. Est-elle vraiment nécessaire ? Tous ces messages en pagaille, venus pour certains de personnes qu’on n’a pas vues depuis plusieurs années et dont on ignore ce qu’elles deviennent, ont-ils vraiment du sens ? Les gens nous souhaitent-ils profondément ce qu’ils écrivent ? Je veux dire, vraiment profondément, ou ne sont-ils tout simplement que de parfaits petits soldats au service des normes sociales actuellement en vigueur ? Je ne sais pas. Je me pose juste la question. Et c’est vrai que je ne me la pose plus quand je reçois un message un peu plus personnalisé, qui me donne l’impression que la personne qui l’écrit pense vraiment à moi à ce moment-là, et qu’elle me souhaite vraiment ce qu’elle écrit...
On pourrait témoigner de notre bienveillance envers autrui à d’autres occasions et souhaiter des belles choses aux gens qu’on aime n’importe quel jour de l’année... ou un peu comme dans Alice au Pays des Merveilles, faire la fête les jours de non-anniversaire, ou dire je t’aime et offrir des cadeaux en dehors du jour fatidique de la Saint Valentin, sans parler de la fête des mères, la fête des pères, la fête des grand-mères, Noël et tutti quanti.
La traditionnelle allocution présidentielle du 31 décembre rejoint l’état d’esprit dans lequel je suis : blablabla « je vous adresse mes vœux les plus chaleureux », blablabla « un chômeur en moins, c’est de l’espoir qui revient, c’est une famille qui respire », blablabla « transition énergétique », blablabla « droits de l’Homme, dignité de la Femme », blablabla « je n’oublie pas ceux qui sont dans la peine, qui vivent dans l’isolement, qui sont mal logés, qui sont même sans abris, nous avons vis à vis d’eux un devoir de solidarité », blablabla... comme s’il suffisait de sortir de belles phrases clés bien léchées au moment opportun, pour laisser croire à une relation sans faille et se donner l’air d’être quelqu’un sur qui on peut compter... Comme je le dis souvent, je me méfie des paroles et me fie plutôt aux actes, et si par bonheur il y a cohérence entre paroles et actes, je le note et l’honore...
Sur ces belles paroles, chers lecteurs-auditeurs, c’est peut-être un peu déplacé mais c’est l’usage qui le veut et comme moi aussi je suis conditionnée, je vous souhaite une belle et heureuse année 2014, accompagnée de tous les clichés qui vont avec...

E.P