edito de l’été

vendredi 6 juillet 2012 par Radio-Grésivaudan

En ces temps où le fait divers , l’éphémère et le moi- mon-corps se déclinent à la une des gazettes, dans une sorte de présent perpétuel, envisager la rédaction d’un édito destiné à perdurer pendant les deux mois d’été sur la page d’accueil de ma station préférée relève quasiment de l’illusion. Cependant, eu égard au sincère attachement que me lie au staff de Radio-grésivaudan, je ne me déroberai pas et m’y risquerai dérechef.

Bien que n’ayant aucune compétence en ce domaine, j’aurais aimé apporté mon sentiment, voire mon commentaire, sur cette découverte qui bouleverse le milieu scientifique et dont la pertinence en matière d’éphémère frise le sans faute : je veux parler du boson. Finalement j’y renonçai et j’en serais resté là si mon ami Marcel, qui est loin d’être un con, me fit remarquer qu’il ne s’agissait pas d’un simple boson, mais du boson de Higgs. Et il ajouta gravement : « le boson est à Higgs comme l’oedème est à Quincke et la truite à Schubert ». Que dire après cela ?

On touche là à l’essence même du problème et le risque de l’anecdotique s’impose à l’évidence. Que peut penser le lecteur - qu’on peut imaginer un après-midi du 25 août* allongè sur une pelouse de rêve , un verre de bière bien fraîche à la main- d’un évènement déjà vieux de plus d’un mois ? Soyons clairs : il s’en fout. Ne lui jetons pas la pierre et reconnaissons qu’à sa place notre indifférence rejoindrait la sienne. Quel que soit la qualité du boson , de Higgs ou pas, en plein mois d’été, quand le pastis est frappé à point, quand les femmes sont belles , la brise marine au top de la douceur, le cochonnet tentant et les tongs aux orteils, la chose ne résiste pas un instant à l’analyse**.

Il reste que la vie suit son cours et que s’inscrire dans la durée suppose de réels efforts, notamment pour un éditorialiste qui n’a même plus un soupçon de Morano à se mettre sous la plume. La solution est peut-être – sûrement – de rester dans un flou élégant pour le plus grand nombre, dans le suffisamment général pour être lisible et acceptable quels que soient le jour et l’heure où le lecteur rejoint le site de la station. Aprés tout, le nombre de ceux qui écrivent à longueur d’année pour ne rien dire étant ce qu’il est, je ne vois pas pourquoi il ne me serait pas permis, pour une fois,de me joindre à leur cohorte.

Bonnes vacances à toutes et à tous : on se retrouve à la rentrée et, c’est promis, on rentre à nouveau dans le dur. Bonne sieste !

MA

*Ou le 30 juillet, pourquoi pas.

**A l’évidence il s’agit, à la relecture ,d’une suite de clichés, avec comme un relent machiste, mes copines me pardonnent.