ditorial du 9 au 16 avril

vendredi 9 avril 2010 par Radio-Grésivaudan

Si un jour, dans 40 ans ou plus, les médecins disent à ma famille « venez la voir, elle n’en a plus pour longtemps » ; si les médecins me prédisent une semaine de vie, je voudrais que cela dure véritablement une semaine. Je ne veux pas souffrir des jours et des jours, je veux qu’on abrège mes souffrances.

A l’hôpital, on trouve des affiches parlant de la loi anti acharnement thérapeutique mais que fait-on pour les personnes en fin de vie pour abréger leurs souffrances ! On s’acharne à bourrer le corps de calmant et de morphine alors qu’une seule injection, je dis bien une seule, permettrait de stopper tout ça et de laisser la vie s’en aller sans excès.
A quand un débat sur l’euthanasie pour les humains ?
Est-ce un devoir d’humain de souffrir jusqu’à ce que mort s’ensuive ?
Je comprends la peur de l’abus mais les médecins savent mieux que quiconque si l’espoir est perdu. Ils devraient avoir le droit de décider, en concertation avec la famille, de ce choix ultime.

Chacun de nous trouve injuste de perdre ceux qu’on aime et voudrait garder sa famille pour toujours. Chacun de nous trouve injuste de laisser souffrir cette épaule qui a soulagé nos chagrins. Je me demande quel est le côté le plus injuste d’ailleurs !

Il y a 12 jours, à l’heure où j’écris ces mots, les médecins nous ont dit que ma grand-mère ne passerait pas la semaine. Ils venaient de retirer cinq litres d’ascite (liquide sécrété par le corps humain qui emplit la cavité abdominale) de son ventre. A la fin de la semaine en question, ma grand-mère était toujours là, le corps de nouveau rempli d’ascite ; à tel point que la pression diminuait sa capacité respiratoire, que son estomac se remplissait jusqu’à déborder pour se déverser dans ses poumons,… D’abord, très amaigrie par le manque de nourriture (elle ne pouvait plus manger) tout son corps était gonflé et durci par les oedèmes. Elle était tellement mal en point que son corps semblait se décomposer alors que la vie était toujours là.
Le pire pour nous c’est qu’elle était très consciente. Très croyante, elle répétait « je ne vais pas me suicider, ils viendront bien me chercher… », mais nous, autour d’elle, étions très en colère que les médecins ne l’aident pas « partir ».
Devant cette souffrance, nous aurions tous été d’accord mais voilà… c’est encore interdit !

Le 1er avril, ma grand-mère a rejoint son fils de 12 ans et ma petite sœur de 9 mois. Même si nous pleurons tous, c’est quand même mieux pour elle.


Mamy, je ne sais pas s’il y a quelque chose après la vie… si tel est le cas j’espère que tu feras partie de ceux qui m’attendront quand mon heure sera venue.
 

Dans le langage des fleurs, l’immortelle signifie : amour éternel.

VM