Verone " La Fiancée du Crocodile"

Chanson Pop-Rock

mercredi 2 juin 2010 par prog

Même si ce duo à la scène est aussi un couple dans la vie, qu’on se rassure, Verone n’a rien à voir avec la pathétique comédie musicale Roméo et Juliette.
On croque à pleines dents dans La fiancée du crocodile (label bordelais Talitres Records), leur deuxième album. La pochette est à l’image de leur musique : surréaliste et riche en couleurs.

Déjà remarqués en 2005 sur leur premier opus Retour au zoo, les titres animaliers de Verone résonnent davantage dans cet album aux sonorités plus organiques.

Entre folk-rock, langueurs pop, goût pour les années 70 et inspiration de blue grass (considéré comme une branche de la musique country où les morceaux alternent très souvent des solos d’instruments), leur palette instrumentale est large et originale. Syntés, vocodeur, ukulélé, banjo, calimba (percussion), mélodica mais aussi robot-mixeur, sac de billes ou encore moule à gâteau font partie de leurs nombreux attributs.

Certains textes comme "L’élixir du Suédois" ou "Le bal de l’empereur" sont nés sous la plume de Fabien Guidollet dès 2005. Dans chaque titre, il conte une histoire exotique peinte par sa voix mélancolique mais pas triste. En interludes, la voix presque chuchotée de Delphine Passant apporte une dimension sensuelle à leur univers, entre jungle et savane, où l’on est transporté dès les premières notes de "La fiancée du crocodile".

L’introduction du calimba, notamment dans "Silence radio", procure douceur et zenitude. Bananeraie, natte à l’ombre des palmiers… la sieste est communicative et on s’étale sans broncher dans leur "Hamac".

Egalement peuplé de silences opportuns, de riffs de guitare rock et de voix instrumentalisées, chaque morceau s’ouvre sur une nouvelle facette de Vérone. Démonstration faite avec "Etre beau ou mourir", véritable cri du cœur : la voix de Fabien plus dure et les envolées électro-rock clament le pamphlet de notre stupide course à la beauté ou à la laideur, à coup d’effets de distorsion et d’énumération de mots pour rendre l’ambiance plus sombre et combative.

Le portrait du quotidien comme "Transparent" chez le poissonnier ou le charleston et rythmique "Garage" au banjo renvoie à l’essentiel de cet album. Nous promettre une « croisière sur le Nil » ou de « vivre sur une île », puisque La fille du crocodile est une invitation au voyage que l’on accepte les yeux fermés.

En bref : les instruments organiques et les textes de Verone distillent dans ce deuxième opus fraîcheur et exotisme, mais la voix souvent monocorde du chanteur, pourtant énergique, manque de nuances dans certains morceaux.