Une journée contre les violences faites aux femmes

vendredi 24 février 2017 par manon

Chaque année, 216 000 femmes sont victimes de violences physiques et de la part de leur partenaire. Au minimum.
Chaque année, 84 000 femmes sont victimes de viols ou de tentatives de viol. Au minimum. Et dans 90% des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime. Dans 37 % des cas, c’est le conjoint qui est l’auteur des faits.
1 quart seulement d’entre elles se sont rendues au commissariat ou à la gendarmerie. Et seulement 14% des victimes déclarent avoir déposé plainte.
La ville de Crolles co-organisait une journée d’information, avec les associations Solidarité Femmes Miléna, le RIALTO et l’AIV. A l’Espace Paul Jargot, ce vendredi 10 février, les associations recevait le public et donnaient une conférence sur les violences faites aux femmes.
Pour sa pièce de théâtre Tabou, Laurence Février s’est inspirée de faits réels et de procès de cour d’assises. Notamment la plaidoirie de Gisèle Halimi, au procès d’Aix-en-Provence de 1978. Tabou était proposé en clôture de cette journée de prévention. Parce que le viol constitue « un crime contre l’amour ».

Une femme sur sept a été victime de violence sexuelle dans sa vie selon une enquête publiée par l’Institut national d’études démographiques.
C’est au sein de l’espace privé, que se produit l’essentiel des viols et tentatives de viols.
Le numéro d’écoute et d’information « 3919 » est le numéro national d’écoute téléphonique à destination des femmes victimes de toutes formes de violences.
En 2014, la plateforme téléphonique a traité 38 149 appels concernant des violences faites aux femmes, dont 98 % pour des violences conjugales
Parmi ces appels, 10 % proviennent de Rhône-Alpes. En Isère, l’association Rialto propose des appartements d’urgence à ces femmes, qui mettent parfois beaucoup de temps avant de partir de chez elles. Françoise Paramelle, présidente de RIALTO a vu de nombreuses femmes et enfants passer par son association...

En France, 1 femme décède tous les 3 jours sous les coups de son compagnon.
A cette violence extrême s’ajoute des violences morales, psychologiques et physiques. Jean Michel Sirand est juriste au sein de l’association Aide aux victimes. La démarche d’AIV est d’accompagner les personnes qui vivent des agressions en leur expliquant leurs droits et en travaillant avec elles sur leur traumatisme avec l’aide de psychologues.

L’association Solidarité Femmes Miléna peut être un secours d’urgence dans un premier temps, et accompagner sur la durée et à différents niveaux : aide administrative, soutien psychologique, aide à l’apprentissage de la langue française, à l’insertion professionnelle… Solidarité Femmes Milena travaille sur plusieurs fronts pour permettre aux femmes fragilisées de se réinsérer. Alice Santin Janin, responsable de l’association Solidarité Femmes Miléna, nous explique le fonctionnement de l’association.

A cela on peut rajouter le harcèlement de rue. L’Enquête sur les violences envers les femmes (Enveff) réalisée en 17 ans, est la seule à ce jour proposant une mesure fiable de l’ensemble des violences subies dans l’espace public. On y apprend que 13,2% des femmes ont déclaré avoir été insultées au moins une fois dans un espace public au cours des 12 derniers mois. L’association Stop au harcèlement de rue propose le développement de « zone sans relou ». C’est à dire la mise en place dans des lieux existants tels que les bars, festivals, transports, des actions concrètes pour vivre réellement l’expérience d’un lieu sans harcèlement de rue, sans sexisme ordinaire. Et pour que la culpabilité de sortir seule, le soir, dans la tenue de son choix, puisse enfin disparaître.

Avec :
Alice Santin Janin, responsable de l’association Solidarité Femmes Miléna
Jean Michel Sirand, juriste au sein de l’association Aide aux victimes
Françoise Paramelle, présidente de RIALTO
Laurence Février, auteure et metteure en scène de la pièce de théâtre documentaire Tabou

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