Titi Robin "Kali Sultana"

Métissage en World Music

samedi 7 février 2009 par Les ateliers pédagogiques : François

Angevin au cœur gitan, Thierry Robin est né en plein centre de la France et porte un nom 100% français. Pourtant, ce drôle de bonhomme aime les drôles de mélanges, où les guitares dialoguent avec le oud et les tablas, où les traditions musicales tzigane, kurde, indienne, française, celtique et marocaine prennent le thé ensemble et rigolent un bon coup.

L’histoire de Kali Sultana, la reine noire, l’incarnation féminine d’une quête qui devrait, dans l’idéal, être universelle mais que beaucoup négligent symbolise la beauté et l’harmonie. « Celles que l’artiste cherche à atteindre sans cesse », dit Titi Robin, à propos de la belle histoire musicale qu’il propose aujourd’hui. Une aventure longue et fascinante, pour laquelle il conviendra de se libérer de toute contrainte de temps. Un récit en apparence sans paroles (hormis deux moments chantés par sa fille Maria) mais pourtant chargé de sens, de murmures, de vécu, tendre ou violent. Suite instrumentale entre miel et piment, univers ambivalent fait d’ombres et de lumières, le tissage musical imaginé par Titi Robin garde les sens en éveil. La musique porte en elle suffisamment de pouvoir évocateur et de force émotionnelle pour tenir en haleine, tonifier l’attention.

Vers ses propres cordes (oud, bouzouq, guitare), le musicien a amené celles de deux alto et d’un violoncelle qui accentuent la profondeur, dramatisent la trame du récit. Des interventions d’archets réglées par deux des fidèles compagnons d’aventure de Robin, l’accordéoniste Francis Varis et le souffleur Renaud Gabriel Pion qui chacun amènent leurs couleurs, leur univers dans celui du « patron ». Sans oublier le rôle décisif que tiennent ici encore les fidèles marqueurs de rythme de l’Angevin imprégné d’Orient et de culture gitane : le bassiste Pascal « Kalou » Stalin et le coloriste percussionniste Ze Luis Nascimento. « Chacun a sa part dans le résultat final », déclare Titi Robin, comparant la musique de Kali Sultana à « un fleuve, avec tous ses affluents, toutes les rivières qui se jettent dans son lit et charrient les choses qui flottent en surface ou se diffusent en profondeur ». Beau geste d’humilité que cette déclaration de reconnaissance à l’adresse de ses musiciens.

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