TRUST à l’ Olympia "Live"

Rock

jeudi 3 décembre 2009 par prog

Je suis allé voir TRUST en concert hier soir pour la deuxième fois de ma vie. La phrase précédente n’est pas tout à fait exacte : c’est la première fois que je les vois mais c’est la deuxième fois que je les entends. Pourquoi ? Tout simplement parce que ma mère était enceinte de 6 mois lorsque mon père l’a emmenée voir TRUST. Cela a laissé quelques traces, notamment un goût avéré pour la bonne musique.

La première partie a été donné le ton de la soirée : rock’n’roll. Voix rauque, guitares bluesy, textes travaillés… j’ai d’abord cru que c’était Stock qui jouait mais à l’annonce des noms des membres du groupe (deux guitares + chant, une basse, un clavier, un batteur), il s’avère que c’était Fred Blondin qui jouait. Il nous a dit qu’il était retraité maintenant et que le groupe n’existait pas il y a deux jours de cela et qu’il n’existerait plus le jour suivant. A one-off. N’empêche que c’était super agréable, bien pêchu comme il faut. Ils ont joué une demi-heure environ.

Après 25 minutes d’attente, TRUST est enfin apparu sur scène : la scène est surmontée de l’étoile rouge révolutionnaire et le texte – évocateur – “soulagez-vous dans les urnes” est projeté au fond. L’ambiance est là, le public est chaud comme les braises. J’en profite pour me caler comme il faut à environ 10 mètres de la scène, entre deux grands secs. La rythmique du “Mitard” retentit alors, permettant à tous les membres du groupe de s’installer. On découvre alors un DJ au dessus du batteur qui distille quelques scratchs à certains moments. C’est assez léger donc ça passe bien. S’ensuivent “Le palace” et “Au nom de la race” : le public connaît les paroles sur le bout des lèvres, c’est un vrai plaisir qui va crescendo. Les cordes vocales commencent à chauffer, doucement mais sûrement. Bernie, habillé en pirate des temps moderne (bandana sur la tête, jeans coupé aux genoux) interrompt alors le concert pour ses quelques saillies habituelles : “vous connaissez la bonne nouvelle ? Pinochet est mort !!! Il en aura fallu du temps mais il est enfin parti. Qu’il rôtisse en enfer !!!”. Acquiescement massif du public.

Nono arbore un t-shirt hi-tech avec texte électronique rouge défilant. Très sympa. Une petite poussée du pogo en formation m’a permis de gagner 5 mètres. Je me suis donc placé près de deux punk-rocker anarchistes dont un sur le retour mais à qui on a pas envie de chercher des noises. Du coup le pogo s’est arrêté sur mon épaule droite sur laquelle se sont explosés deux ou trois personnes avant qu’elles comprennent que me faire bouger serait assez complexe. Bon angle de vision, pas gêné par les autres, parfait pour la suite ! Bernie dédicace “On lèche, on lâche, on lynche” à Dominique Voynet qui a utilisé l’expression dans une récente interview et fustige Sarkozy avec “Sarkoland”, brûlot à l’encontre du “nain au regard de tueur”. Le public ayant repris le refrain, le DJ en profite pour le sampler et le diffuser lors du solo/break. Ingénieux !

. “Saumur”, “Préfabriqués”, “Surveille ton look”, “Police-Milice” au mégaphone… tout s’enchaîne ! Nono est au top et nous régale de ses licks et solos et Bernie est en pleine forme. Sa voix est plus puissante que jamais et n’aura jamais faibli pendant le concert, chose qui se voit souvent avec Brian Johnson (AC/DC). “Tous ces visages” est entonné à l’acoustique et le concert se termine sur “L’élite” où Nono et Vivi mettent littéralement le feu. Bras levés, visages empreints de sueur tournés vers la scène, le public est sous le charme comme un seul homme.

Anti-socialLe rappel est incroyable : “Tout ce qui est bon est mal”, “La mort rôde” et “Antisocial”, l’hymne de toute une génération dont pas mal de représentants se trouvaient dans la salle. Le public a littéralement explosé sur ce final grandiose : Bernie, Nono et le reste du groupe se sont véritablement lâchés en prenant un plaisir indéniable. Le batteur m’a bluffé par sa prestation : c’était sec, bien tranchant et lourd de promesses finalement tenues. Lumières et effets scéniques impeccables, groupe au top, cela restera un concert inoubliable, qui remet de l’ordre dans le Top 3 de mes concerts préférés : nous avons donc désormais Led Zeppelin (Page & Plant), AC/DC et TRUST.