Roland Tchakounté "Blues Menessen"

Blues (Tupelo/Harmonia Mundi)

samedi 11 décembre 2010 par Les ateliers pédagogiques : François

Ca commence comme un album de John Lee Hooker. Pulsation sourde, atmosphère lourde et rythmique moite, la présence du vieux bluesman en filigrane. Fan du Healer, Roland Tchakounté en revendique la filiation dès le premier morceau.

La surprise vient après lorsque le blues cède du terrain, s’abandonne un peu et lâche la bride, en s’ouvrant sur d’autres instruments, d’autres figures de style. Foncièrement acoustique, Tcakounte s’éloigne alors du delta pour s’abreuver à la mélancolie africaine, aux sonorités chaudes du jazz, caresse le piano (Nju ne bala) et trouve l’équilibre en s’affranchissant de toute tentative de crossover.

Chaque morceau est franc et massif, se suffit à lui-même, se forge une identité. Pas de "blues du désert" ici, ni de racines africaines, bien que tout cela soit présent, visible et palpable. Pas de morceau "à la façon de" mais un paysage varié et original qui passe d’un thème à l’autre sans avoir à se perdre en cours de route. L’ Afrique est toujours présente avec ce chant en pidgin et le blues est bien là dans ces morceaux de bonne et de mauvaise fortune, mais se pare d’ici et d’ailleurs qui en font une musique plus changeante qu’à l’ordinaire. C’est John Lee Hooker qui doit faire boom boom de plaisir.

Site de l’artiste
Music Development & Company


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