je veux revoir maman

vendredi 26 janvier 2007 par Radio-Grésivaudan

"je veux revoir maman"
chez Syrte de Alain vincenot

résumé du livre :
’Il fallait du pain, il fallait des sous, il fallait manger et se protéger. Il fallait protéger ses enfants. Il fallait courir tous les dangers. Il fallait dire à sa fille : ’Va, tu ne risques rien. Va ma fille. Demande un peu plus de pain, un peu plus de viande. Débrouille-toi.’ Il fallait ne pas dépenser tous ses tickets. Cacher son étoile. Aller le soir sans étoile. Il fallait s’occuper des gamines et du bébé (... ) Il fallait regarder la rue. Il fallait prendre le train. Il fallait prendre le bon train. Il fallait ne pas faire pleurer la petite. Il fallait demander le bon renseignement. Regarder dans les yeux le bon flic, le bon quidam. Il fallait envisager le repli. Il fallait envisager la famille qui aiderait. Il fallait monter les escaliers. Déchirer les scellés. Prendre du tissu. Descendre l’escalier sans se faire remarquer. Aller au dispensaire. Chercher un passeur. Prendre des nouvelles. Dire il faut qu’on parte. (... ) II fallait savoir le prix à payer. A ne pas payer. Il fallait penser au pire. A la mort. A la vie aussi. Surtout, il fallait survivre... ’ Plus de 60.000 enfants juifs ont survécu sur les 72.000 vivant en France au début de la Seconde guerre mondiale.

l’auteur :
Journaliste, Alain Vincenot a réalisé de nombreux reportages en France (Fleur de Béton (Romillat, 2004) et à l’étranger.

coup de coeur :
Témoignages d’enfants juifs sous l’occupation
« Il fallait du pain, il fallait des sous, il fallait manger et se protéger. Il fallait protéger ses enfants. Il fallait courir tous les dangers. Il fallait dire à sa fille : "Va, tu ne risques rien. Va ma fille. Demande un peu plus de pain, un peu plus de viande. Débrouille-toi." Il fallait ne pas dépenser tous ses tickets. Cacher son étoile. Aller le soir sans étoile. Il fallait s’occuper des gamines et du bébé. Il fallait donner les tickets du vin à certains voisins pour qu’ils veuillent bien se taire. Il fallait regarder la rue. Il fallait prendre le train. Il fallait prendre le bon train. Il fallait ne pas faire pleurer la petite. Il fallait demander le bon renseignement. Regarder dans les yeux le bon flic, le bon quidam. Il fallait envisager le repli. Il fallait envisager la famille qui aiderait. Il fallait monter les escaliers. Déchirer les scellés. Prendre du tissu. Descendre l’escalier sans se faire remarquer. Aller au dispensaire. Chercher un passeur. Prendre des nouvelles. Dire il faut qu’on parte. Dire non, il faut rester, le danger est trop grand. Dire oui très vite. Il fallait s’appuyer sur plus faible que soi. Sur éventuellement plus fort. Sur le goy. II fallait savoir le prix à payer. À ne pas payer. Il fallait penser au pire. À la mort. À la vie aussi. Surtout, il fallait survivre...
"Plus de 6o ooo enfants juifs ont survécu sur les 72 ooo vivant en France au début de la Seconde Guerre mondiale. Ce livre poignant est le témoignage de dix-neuf d’entre eux qui, arrachés à leur famille, traverseront la guerre traqués, déchirés, mais seront sauvés grâce à la complicité de multiples réseaux d’entraide. Cachés dans des familles, des institutions religieuses, ballottés d’un endroit à l’autre, ils expriment avec émotion leurs souffrances, toujours vivaces, mais racontent aussi la part d’amour qui souvent les lie à ceux qui leur ont permis de vivre et de donner la vie à leur tour.
Jean-Claude Ross, représentant du comité français pour le mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dira : "Il fallait une personne pour dénoncer une famille juive, mais une importante chaîne de solidarité pour en sauver une seule." » (présentation de l’éditeur)
Préface de Simone Veil