l’almanach

vendredi 23 mars 2007 par Radio-Grésivaudan

Henri Gougaud : " l’almanach" aux éditions "le panama"

resumé :
Des contes, des recettes, des conseils potagers et horticoles, des anecdotes sur la vie des saints, de savoureux proverbes et dictons, des bons mots, les indispensables calendriers lunaires et éphémérides, un peu d’astrologie populaire... L’almanach d’Henri Gougaud emprunte les chemins classiques du genre et le remet à l’honneur.

premiere ligne :
Entrée Les premiers almanachs (de l’arabe al-manah, « la prochaine lune ») apparurent en France au XVe siècle. Ils accompagnèrent l’avènement de l’imprimerie, « le plus grand événement de l’histoire », selon Victor Hugo. L’un des plus anciens et des plus répandus fut le Grand Kalendrier et Compost des bergiers (1488). On y trouvait, bien sûr, un calendrier (position des planètes, date des éclipses, phases du Soleil et de la Lune), mais aussi des prédictions fondées sur la « science du jugement des étoiles », l’astrologie, pour « sçavoir et apprendre non les choses présentes seulement mais singulièrement les choses advenir » ; des observations « phizonomiques » pour « cognoistre plusieurs fallaces et cautèles (ruses et tromperies) du monde » ; des conseils de médecine populaire ; enfin des préceptes, fables et récits moralisateurs [L’Arbre des vices et des vertus). Au fil des ans et des proliférantes publications s’ajoutèrent à ces propos toutes sortes de jeux, facéties, esquisses de vérités politiques ou scientifiques qui firent de l’almanach, sinon une « Bible de l’humanité », selon le mot enthousiaste de John Grand-Carteret (1896), en tout cas un prodigieux outil de vulgarisation du savoir. De fait, des siècles durant, il fut le seul livre des gens du peuple et donc, plus qu’un livre, un conteur de papier, un sage à la maison qui connaissait presque tout des merveilles du Ciel et de la Terre. Il était la voix du savoir. On le tenait des colporteurs qui trimballaient leur boutique ambulante ou leur hotte à tiroirs de village en hameau et de hameau en ferme. Ils vendaient du fil, des aiguilles, du papier, de la poudre d’encre, des couteaux, des médailles pieuses, des estampes et de ces almanachs mal imprimés, mal fagotés mais devant lesquels, j’imagine, des paysans parfois soulevaient leur chapeau, parce que là était toute science. Oui, certes, ils étaient naïfs, mais je suis du peuple, et le respect des ignorants devant les objets du savoir me fut toujours une émouvante raison de ne pas désespérer du monde. Jusqu’au XIXe siècle la profusion des almanachs demeura si vivace qu’il fut au moins un roi, Henri III, et un pape, Sixte Quint, pour s’inquiéter des idées subversives qu’il leur arrivait de véhiculer. On les surveilla, on les censura, on brûla même, en 1788, le pauvre Sylvain Maréchal, imprudent auteur d’un Almanach des honnêtes gens. Mais rien ne put empêcher ces bibles populaires de courir les chemins et de frapper aux portes, jusqu’à ce que les calendriers des Postes et le développement de la grande presse reprennent l’essentiel de ce qui avait fait leur vitalité.

l’auteur :
Figure importante dans le monde du conte, Henri Gougaud est à la fois homme de radio, chanteur, poète et romancier : il se caractérise lui-même comme un ’couseur d’histoires’. Nourrissant ses textes des impressions que lui suggère Carcassonne, sa ville natale, il connaît d’abord un certain succès dans l’édition. Après un passage remarqué dans la chanson et quelques romans, il devient le troubadour du conte érotique dans son ’Livre des amours’ et ses spectacles ’Beau désir’ et ’L’Arbre d’amour et de plaisir’. Il est également directeur de la revue La Grande Oreille et y rédige articles et contes inédits.
Ses citations
« Le rire est meilleur que la prière pour le salut de l’âme. » [ Henri Gougaud ] - Bélibaste
« Un conseil, pour moins souffrir : ôte-toi de la cervelle que tu as le pouvoir de gouverner ta vie. Laisse aux autres cette illusion. » [ Henri Gougaud ] - Bélibaste
« C’est sur la figure que l’on porte aujourd’hui l’uniforme. » [ Henri Gougaud ] - Souvenirs invivables