Marylène Guerillot

vendredi 6 juin 2014 par Radio-Grésivaudan

Marylène Guerillot, ses parents (fils d’ébéniste et fille de musicien-policier) sont Parisiens d’origine et sont arrivés dans la région pour leur passion « la montagne ». Ils sont devenus Moniteurs de ski et guide de haute montagne. C’est alors, à St Martin d’Uriage, entre Chamrousse et la Bérarde en Oisans, que Marylene a grandi. Et pourtant, les sports de montagne ne la passionnent guère (même si elle a travaillé comme monitrice de ski pendant 4 ans). Ce qui l’a marqué de cet environnement : la beauté des paysages, la ruralité et « les anciens » comme on dit. Au fil du temps, elle se découvre des talents artistiques et se met à peindre la montagne plutôt qu’à la pratiquer. Pas facile d’être une artiste dans un milieu de sportifs ! Aussi, pendant longtemps, elle reste silencieuse sur son envie de faire des activités artistiques. Son grand frère disait que les artistes étaient des fous, alors elle, de 4 ans sa cadette, elle se faisais toute petite.
A 11 ans, enfin elle ose dire qu’elle ne voulais plus faire de ski. Elle se lance dans le patinage artistique, entre en sport-étude à « l’Ecole de glace de Grenoble ». Au bout d’une année scolaire d’entrainement intensif (5 heures de patinage par jour), elle ne pouvais plus descendre une marche d’escalier (Maladie d’Osgood Schlatter). Sa carrière de patineuse prenait fin. Sans grande motivation, la voilà a nouveau sur des skies. Elle a commencé à passer le monitorat et se casse l’épaule ! Sa carrière de skieuse prenait également fin.
Bizarre tout cela ! Ne dot-elle pas : " ne serait-ce pas un message que on inconscient m’envoi ? Je n’étais pas faite pour tout cela…"

En route vers l’âge adulte :
Elle passe un BAC S avec 17/20 en art plastique. Les enseignants de la filière S, ne comprenaient pas sa présence en cours de dessin avec les littéraires. Un scientifique ne doit pas avoir une âme d’artiste ! Parallèlement, elle passe mon diplôme d’artificière de spectacle K4. Chaque Week-end, l’été, la voilà artiste, de village en village, pour jouer le spectacle de son et lumière avec toute une équipe (entreprise Pyro-light).
Puis, sans chercher bien loin, elle s inscrit en FAC de Géographie Alpine en laissant sur le bord du chemin son côté artistique. Lors de ma 4éme année, sa maîtrise est consacrée à un mémoire sur la valorisation du patrimoine matériel et immatériel d’une commune péri-urbaine : St Martin d’Uriage. La vie des villageois, leur habitat, leur environnement, leurs traditions, leur histoire et leur savoir-faire me passionnent. Ce fût une belle année, qui malheureusement n’a débouché sur rien : refusée en DESS, après un an à chercher du travail dans sa branche, sans succès, là voilà poissonnière dans un grand supermarché. "Oyez, oyez braves gens, venez acheter mon poisson !" Intérieurement, elle se disais : « Adieu, veau, vache, cochon … » telle une petite Pérette complètement paumée.

Mariée en 2000, puis un bébé en 2003 et un divorce en 2009. Durant tout ce temps, elle retape sa maison et élevé sa fille, passe un diplôme d’infographiste mais met sa vie professionnelle de côté, pensant que qu’elle n’était bonne à rien !
Après sa séparation, repart à zéro, fait table rase du passé, laisse l’orgeuil de côté et oublie que ses études "n’ont servit à rien" : Nouveau compagnon, nouveau bébé et nouveau métier. Mais lequel ? Il fallait en apprendre un. Un métier qui lui corresponde vraiment : Animatrice en centre de loisirs. Dessiner, bricoler, transmettre un savoir et initier les enfants aux sports, c’est toute sa vie et ce qu’elle sais faire le mieux. Le BAFA en poche après une formation courte (et non 5 ans d’études !), et après quelques contrats en CEE, la voilà’animatrice Jeunesse à la Villeneuve, à Grenoble. Pas complétement épanouie dans ce travail (public difficile, cadre trop urbain), elle postule et occupe un nouvel emploi, dans un cadre magnifique : le poste de Directrice du centre de loisirs communal de Montbonnot-St Martin. C’est à ce moment là, que l’aventure passionnante commence.

Ce centre est tout nouveau et est entièrement à construire. Fort de ses convictions, elle base alors son fonctionnement autour des pédagogies nouvelles de Célestin Freinet et Maria Montessori. Et se décide également de créer les vacances des enfants autour d’un thème, fil conducteur des activités. C’est alors que le thème de l’été 2013 fût : « Les lumières du Moyen Âge ». Voilà ce qu’elle imagine et crée :
Passionnée d’art, d’histoire et de spectacle, avec une envie de donner une autre image de cette période, faite de découverte et de création, elle transforme le centre de loisirs en « Cité médiévale de Mons Bonaldi » avec son système monétaire. Animateurs, nous avons incarné des personnages historiques de Montbonnot tel que Dame Anne, Le Chevalier Silvius Roux de Mons Bonaldi, le bailli, etc, d’après les écrits du Père Sailler (curé de Montbonnot).
Perette devient donc Dame Anne de Mons bonaldi et peut crier fièrement : Oyez, oyez brave gens, que l’on amène les poulardes, les pâtés de cerf, que l’on ripaille à plein ventre et festoyons ! L’école prend alors, des allures de château médiéval grâce à des décors que Marylene Guerillot a construit et peint. Elle sens qu’elle est sur la bonne voie…
Et Quel voie :
" Le système féodal était de mise, nous régnions en monarchie et prélevions l’impôt, avec toute l’injustice et le soulèvement des enfants. Cependant, chaque jour les enfants élisaient parmi eux un « maître suprême de corporation », pour défendre leurs intérêts ou prendre, avec les seigneurs, les grandes décisions. La personne élue, pouvait également mettre des amendes pour non respect des règles.
Chaque enfant, à son arrivée, se voyait offrir une bourse avec 3 écus et 12 deniers. Il devait ensuite se choisir une corporation, un métier. C’est alors qu’il rentrait en apprentissage et gagnait sa première paie. Plusieurs savoir-faire ont été abordés : la taille de pierre, le travail du cuir, la couture, la cuisine aux plantes sauvages, la chevalerie etc. Enfin, chaque vendredi, c’était « jour de marché » pour dépenser l’argent gagnée et où chaque enfant se transformait en marchand pour vendre les production de la semaine. Nous pouvions également, comme au Moyen Âge, assister à des ventes aux enchères. A midi, suivait un grand banquet, avec comme invité un personnage illustre. Nous pouvions assister à la cérémonie du présent, du lavage des mains, des danses de troubadours. Enfin, un tournoi de chevalier avec une monture à roulette avait lieu durant lequel chaque participant se « battait » pour gagner le droit de devenir chevalier par Adoubement. Une vrai cérémonie était alors orchestrée et le jeune chevalier recevait son titre de noblesse et une épée. En fin de journée, nous apprenions les danses médiévales. "

Cette création « hors du temps » lui a donné envie d’aller plus loin : organiser une fête médiévale en juillet 2013. Les élus ont suivit dans cette folle mais extraordinaire aventure. La motivation première est de mettre les enfants au cœur de la fête pour qu’ils s’imprègnent de l’ambiance médiévale favorisée par toutes les compagnies professionnelles présentes. Cela permet également de passer une soirée inoubliable avec les familles au complet. Le projet a la chance d’avoir comme directeur artistique, Karl Ouchet, organisateur des fêtes Médiévales de St Antoine l’Abbaye. Cette soirée fut alors une belle réussite !
Avec l’aide de Karl et le soutien des élus de la Mairie de Montbonnot St Martin, elle continu donc dans cette dynamique et organise l’édition 2014.
Elle sera plus belle, deux fois plus grande et fidèle à l’histoire, puisque nous reconstituons l’adoubement de Pierre Auruce, premier seigneur de Montbonnot, en 1250. Le 25 juillet prochain, nous retrouveront les personnages historiques de cet évènement passé et nous assisterons à un vrai tournoi de chevalerie, en présence du Dauphin Guigues VII.

Cet été 2014, elle emmène le centre de loisirs vers de nouvelles destinations à bord de la croisière Gulliver, avec un petit détour à Mons Bonaldi. Pour le 11 novembre, elle a imaginé une grande comédie musicale « ça fait passer le temps », relatant la fin de la belle époque et l’entrée dans la grande guerre.

Maintenant, grâce au soutien des gens avec qui elle travaille, elle peux enfin être ce qu’elle est : une artiste qui a besoin de créer et de transmettre la passion pour exister.

Aujourd’hui elle peux dire : " « Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage. » Albert SCHWEITZER. Merci la vie, merci le développement personnel et mon compagnon (coach de vie) qui m’ont aidé à trouver ma voie. "

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