editorial du 6 au 12 fevrier

Editorial du 6 au 12 fevrier

vendredi 6 février 2015 par Radio-Grésivaudan

La France est une démocratie

L’un des fondement les plus important de notre société c’est la séparation des pouvoirs. C’est une sorte de principe de précaution constitutionnel : En ne donnant pas tout aux mêmes on évite qu’ils ne fassent n’importe quoi. Montesquieu, l’inventeur du concept, disait que seul le pouvoir arrête le pouvoir.
Le délit d’apologie du terrorisme existe depuis 20 ans. En 20 ans, 20 personnes ont été condamné à de la prison grâce à cette loi. Depuis 20 jours qu’ont eut lieu les massacres à Charlie Hebdo & Co … 16 personnes ont été condamné à de la prison (Et il y a 234 procédures en cours !) La justice, dont le rôle est de rester calme, impartiale, de prendre du recul par rapport à l’emballement médiatique semble à sont tour entré dans une frénésie de condamnations.
Des personnes vont en prison pour des mots. Pas pour des actes, pour des mots. Des mots dont certains ne comprennent même pas le sens, ou les ont prononcé sous le coup de la colère, de l’alcool.
Oui, un mec bourré qui crie « Bien fait pour les flics » (en référence aux 3 policiers qui figurent parmi les 17 victimes) se retrouve en prison. Même avec un casier judiciaire vierge !
Oui, un handicapé mental qui dit « Allahou akbar » à des policiers en train de le contrôler se retrouve en prison. Oui, un pinpin qui ne comprends pas le sens des mots.
Oui, un gamin de 8 ans se retrouve chez les flics pour vérifier si il comprends bien le sens du mot « Terrorisme ». Terrorisme, je ne sait pas … mais Terreur, sûr qu’il à compris !

Nous envoyons en prison des mois, voire des années, des gens pour des mots qu’ils ont prononcés. Des mots qui ne méritaient guère plus qu’un haussement d’épaules méprisant. Je vous rappelle que les trois assassins auteurs de ces méprisables attentats n’ont jamais fait l’apologie du terrorisme mais se sont radicalisés en prison.
Prison ou l’on envoie les auteurs de ces mots !
Prison ou il seront accueilli par d’autres qui vont leur expliquer qu’ils sont en fait des héros et que décidément la France n’est pas leur pays car elle hait l’Islam.
Non seulement cette répression absurde est inutile, mais elle est dangereuse.
C’est une défaite de la raison et un déséquilibre dans la séparation des pouvoirs : Le judiciaire se met au service de l’exécutif.

Le troisième pouvoir, le législatif, est lui aussi de plus en plus soumis à l’exécutif : On a tous entendu un président ou un ministre dire « je vais faire une loi pour ci ou contre ça ». Cette phrase même est un déni de démocratie. Une violation de la séparation des pouvoirs.

L’une des définitions d’un état sécuritaire est un régime qui : « Se caractérise par par l’augmentation et la centralisation des instruments répressifs (police, armée, système carcéral…) au détriment d’instruments préventifs, ainsi que par une influence accrue du pouvoir exécutif sur le judiciaire et le législatif.

La France est une démocratie … pour l’instant.

H. L.