L’appel des Orishas de Aconcha Sanz Averhoff

vendredi 7 décembre 2007 par Radio-Grésivaudan

" L’appel des Orishas " (confessions d’une jeune révolutionnaire cubaine devenue prêtesse en Santería). Editions Magermans de Aconcha Sanz Averhoff

l’auteur  :
Aconcha est née à la Havane le 14 février 1946, dans une famille d’origine sino-africaine. Dès sa naissance, son oncle Tata, babalao dans le culte de la Santería, décèle en elle une digne représentante de sa lignée et lui insuffle peu à peu tout son savoir. Mais, à la Révolution, le changement radical de la société cubaine interrompt les aspirations profondes de l’adolescente. Son père, fervent et sincère communiste, lui transmet sa fièvre révolutionnaire et, en 1965, elle obtient un poste à l’ambassade de Cuba à Paris. En mai 1968, elle quitte ces fonctions et opte résolument pour un retour vers ses rêves d’enfance en laissant libre cours à l’énergie créatrice qui l’habite. Toujours sous l’influence magique de la Santería, cette autodidacte se lance dans le milieu artistique et, bientôt, s’exprime à la fois comme peintre, dessinateur, sculpteur, styliste. Elle chante aussi, et à travers son CD "Noche Cubana" elle rend hommage au boléro. Et enfin, elle adore cuisiner ; pour recréer certaines ambiances, elle n’hésite pas à vous proposer dans ce livre une série de recettes créoles qui nous mettent définitivement en appétit pour son monde.

le livre :
Est-ce parce qu’elle est loin de l’île de son enfance, qu’elle est sans lieu ni destinée, qu’inlassablement Aconcha poursuit une quête ? Retrouver la femme abyssale, le faire émerger “des eaux profondes et noires”. Depuis quarante ans, elle essaie de mettre un visage, de donner corps à cette femme. Elle l’a d’abord habillée de mille étoffes et couleurs. Puis, après le départ de sa mère, elle a décidé de mettre des mots sur son visage, de la nommer : Yemaya des eaux, Yemaya Olokun, Orisha ou déesse majeure du Panthéon Yorouba. Dans ce livre, Aconcha raconte et dessine avec talent et humour sa jeunesse partagée entre la révolution et les Orishas, ces forces de la nature qui délicatement proposent un chemin vers un état “d’être plus et mieux”. Elle évoque aussi son départ vers l’Europe, les chocs et les questions qu’elle se pose face à ce nouveau “Vieux Monde”. Puis finalement, elle parle de la réconciliation avec son passé, sa décision d’aller enfin à la rencontre de la femme qui l’habite. Pour recréer certaines ambiances, elle n’hésite pas à proposer une série de recettes succulentes qui nous mettent résolument en appétit pour son monde. Un ouvrage de passion, de rencontres, de métissages.

coup de coeur :
Nous voilà sur la route avec Aconcha, la route de sa vie avec ceux et celles qui sont à ses cotés, parents, familles, amis, orishas, revolutionnaires... Et nous sommes emportés par les images, les rythmes, le coeur ouvert et la quête d’aconcha, à la recherche d’elle même. Une recherche plus que joyeuse où le rire, la volupté et la cuisine font bon ménage. Peut-être l’occasion pour quelques austère croyant ou rigide athée que voir que le questionnement spirituel est souvent une fête. Et puis au pire si le livre vous laisse insensible, ce qui serait très étonnant, vous pourait tester, réaliser et vous régaler avec les recettes qu’il contient.


Soutenir par un don