Editorial du 10 au 17 octobre

vendredi 10 octobre 2014 par Radio-Grésivaudan

Encore une rentrée.
On n’y échappe pas et de nombreux marroniers sont au rendez-vous. A la télé retour en force des experts(?) consultés sur tous les sujets, en appui aux radio-trottoirs où les interviouvés sont confinés dans le rôle de Bidochons sentencieux. Et le retour de l’émule improbable de Zorro ne change rien à l’affaire. Sous le masque de celui qui veut, tout simplement « nous redonner espoir », le même visage de la suffisance et de l’impudence d’un maître es-casseroles .
Alors que faire, que dire , au risque d’ajouter le convenu au convenu ? Et quelle légitimité pour proposer aux nombreux zauditeurs de Radio-Grésivaudan un édito qui ne reflète que la pensée(?) de celui qui le rédige, plus qu’il ne reflète l’égrégor collectif de la radio. J’en étais là de mes vaticinations , et tout près de justifier l’appel à une cellule psychologique, quand ma compagne préférée m’a rappelé à l’ordre , armée d’arguments auxquels ma sensibilité naturelle a succombé. Et me voilà à nouveau le nez sur le clavier de mon ordinateur , et finalement pas trop malheureux de reprendre l’exercice.
Il est vrai que, tout juste remis provisoirement de problèmes somatiques réputés de longue durée, j’avais quelques excuses pour me laisser aller au renoncement scriptural, malgré toute ma bonne volonté et les conseils d’un entourage chaleureux, sans oublier des lectures spécialisées de la presse du même nom où force recettes m’étaient proposées pour retrouver dynamisme et contentement de soi, recettes à priori de bon aloi, de la gymnastique pubienne à la cure de jus de pomme en passant par la métadynamique psychophage (78,3 de satisfaits) et les étirements matinaux du meilleur effet. C’est ainsi que je fus tenté de recourir à la méditation dont on m’avait décrit par ailleurs les bienfaits . Une couverture d’un hebdo parisien avait eu raison de mes dernières résistances. « Ecoutez votre corps » c’était le conseil en forme d’impératif catégorique de la célèbre gazette.
Pour comprendre que j’ai cédé à cette invitation, il n’est pas inutile de rappeler que la méditation et son parfum ésotérico-oriental a toujours rencontré beaucoup de succès en occident chez les petits-bourgeois, notamment dans les périodes de crise où le repli sur soi apparaît comme la meilleure solution face aux agressions extérieures. J’ajouterai que j’étais prêt à renoncer à toute forme d’a-priori et que j’ai mis toute la meilleure volonté possible – avec le recours essentiel à un bon coussin sous les fesses- pour tenter d’écouter mon corps.
 Le problème qui surgit tout de suite dans ce genre d’exercice est celui de la préhension de cette globalité corporelle. J’étais sur le point de renoncer quand me vint l’idée de segmenter cette globalité en tentant d’en écouter partie par partie les composants identifiés. Je pris le parti de commencer par l’écoute d’items pas trop évolués comme le genou par exemple. Las ! malgré tous mes efforts, jamais mon genou ne s’est manifesté à mon écoute pourtant attentive . Même déception avec mon coude, mon mollet gauche ou mon iliaque droit. Mutité totale. L’échec était patent. Sans doute n’étais-je pas mûr pour ce genre de thérapie individuelle, nourri depuis mon plus jeune âge de la nécessité et des vertus de la recherche et de l’action collectives.
Finalement, j’ai repris la lecture du Canard enchaîné , retouvé la chaleur de mes amis, la pugnacité de nos indignations, l’exaltation des lendemains qui chanteront peut-être un jour pour peu qu’on s’en occupe. « On ne se sauve pas tout seul » écrivait, je crois, Elsa Triolet.
J’en resterai là pour cette fois Une dernière chose cependant : on passe un bon moment avec le film « Brèves de comptoir » de JM Ribes. C’est drôle , chaleureux , bon enfant, émouvant. Spécialistes s’abstenir.

MA