Editorial du 5 au 12 fèvrier

vendredi 5 février 2016 par Radio-Grésivaudan

Le deuil de la démocratie :
« Mais non, on à pas de problèmes avec le système, c’est seulement la faute aux abstentionnistes / immigrés / fachos / juifs / illuminatis / ... »
« Tous pourris ! »
« Je vote front républicain / socialiste / F.N. ... mais c’est seulement pour empêcher l’autre con de gagner »
« Le système est pourri ... on ne peut rien y faire »

Si vous avez déjà dit (ou pensé) l’une de ces phrases. Ou a fortiori toutes ! C’est que vous avez probablement entamé le processus de deuil ... de la démocratie. La psychologue suisse Elisabeth Kübler-Ross à théorisé que le deuil passait par 5 états émotionnels :
* Le déni
* La colère
* Le marchandage
* La déprime
* L’acceptation


Comment qualifier autrement le mouvement de rejet de plus en plus large de ce qui devrait être au cœur de notre vie collective : La politique. A chaque élection, les mêmes dinosaures répètent qu’ils ont compris le message et qu’ils vont faire de la politique autrement. Et on passe aux sondages de la prochaine élection, qui promet plus d’abstention.

« Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne peut pas naître ... » : Antonio Gramsci

Soyons clair : Celle que l’on enterre (et dont les bénéficiaires refusent de mourir) c’est la démocratie représentative. Pas la démocratie – tout court - . La démocratie représentative, cet oxymore qui consiste à confier notre pouvoir à une caste de toujours-les-mêmes. Le fond du problème, c’est la suite de la citation de Gramsci : « ... et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

H.L