Editorial du 24 fevrier au 3 mars

vendredi 24 février 2017 par Radio-Grésivaudan

La nostalgie, camarade, surgit, quand tes rêves de jeunesse effleurent la surface du quotidien...puis replongent au rayon des bonnes intentions, des désillusions, des aspirations que l’ensemble des humains ne s’est pas donné les moyens de faire aboutir.
 La nostalgie, c’est quand les rigueurs des jours t’ont bien fait comprendre qu’il fallait te résigner, que c’était ainsi, qu’on n’y peut rien, ça passera, tu vieilliras. 
La nostalgie, c’est quand tu sais que ce qui te fait rester debout est racheté à bas prix, par des forts en thèmes qui te les malaxent, te les publicisent, te les rendent bankables, et qu’ils s’en vêtent avec force arrogance, pour mieux paraître sous les feux des projecteurs. 
La nostalgie, c’est quand tu ne crois plus, ni au Père Noël, ni à Dieu le Père, ni aux manifs avec fumigènes, ni aux slogans impossibles, ni à la pub, ni aux affirmations péremptoires et volontaristes.
 La nostalgie, c’est quand il n’y a plus de nostalgie, c’est quand l’espérance collective, impuissante à s’affirmer sans passer par la case "politique spectacle", est balayée d’un geste méprisant par les Tartuffe qui piquent dans le porte monnaie des ménagères pour refiler les bifetons à leur bourgeoise sans que le peuple ne trouve à y redire 
Quand elle est balayée par les opérations de marketing de ceux qui creusent le vide et l’appellent pensée, de ceux qui voudrait nous y précipiter, métamorphosant la frustration des êtres en une détestation de tout...
Quand l’espérance collective est incinérée par ceux, qui auraient pu, en mettant en lumière les convergences de nos aspirations, nous accompagner vers quelque chose qui nous ressemble.

 Et alors, quand cette pointe de désespérance me cloue au sol, et qu’il ne m’en reste plus qu’à en faire un grand rire éclatant de dérision, je réécoute Béranger, François de son prénom : grand bonhomme de la chanson française que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. 
Béranger, maintenant six pieds sous terre, à la gouaille populaire, chantre d’une chanson de gauche grande gueule, authentique, libertaire et irrévérencieuse, comme hélas on n’en entend plus, a écrit une mélopée qui, 42 ans après, n’a pas pris une ride au vu de ce que vous savez : magouille blues. https://www.youtube.com/watch?v=ygjJjsZYwPw
Puis, je repars faire mon bonhomme de chemin, comme toujours, là où je suis et avec ceux avec qui c’est possible...

JM.F


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