Editorial du 24 au 30 avril

vendredi 24 avril 2015 par Radio-Grésivaudan

Clos tes paupières,
Offre ton attention au monde qui t’entoure,
Il revêt d’inouïs atours
Qui, à ton insu,
Se posent au creux de ton être,
Se déclinant en multiples musicalités.
Goûte la fraîcheur de leurs singularités,
Hume la douceur de leurs simplicités,
Enlace leurs saveurs,
Autorise-les à bercer ton imagination.
Si tu le souhaites,
Colore-les de ton interprétation,
Mélange-les à ton univers,
Fais-en ce qu’il te plaît,
Vis-les, spontanément,
En conscience et en liberté.

Ecouter ce qui nous entoure, écouter ceux qui nous entourent... s’en nourrir et s’y fier, oser s’y aventurer jusqu’à, peut-être, se retrouver.
Quand on fait de la radio, il me semble fondamental de porter sur l’extérieur une oreille attentive. Savoir se taire et laisser le temps aux sons d’être émis, au sens d’être libéré. C’est ainsi que l’on peut parvenir, parfois, à saisir l’inexpliqué, à se l’approprier et à le ressentir, pour en tirer le meilleur et ainsi agir en conséquence.
Je porte aux mots dits une grandeur toute particulière, je considère les silences comme délicats porteurs de sens et les accents comme générateurs de doux dodelinements, je puise les sons émis et en nourris mes balades intérieures. Celles des autres aussi, parfois, quand ces voix et ces sonorités, je les capte au vol ou les suscite pour les enregistrer, je les triture et leur insuffle une autre existence qui fera à son tour l’objet d’une écoute, à travers le poste de radio, le casque d’un baladeur, le haut-parleur de l’ordinateur ou parfois les enceintes dressées là, pour une séance d’écoute, quand la couleur des sons vient produire dans la salle une indescriptible émotion collective.
La radio est par excellence le média de l’intimité. Elle s’invite là où personne d’autre ne nous voit, dans la cuisine ou dans la voiture, et toujours à l’intérieur de soi. La radio chuchote, elle s’immisce et se donne, à la merci de celui qui l’écoute. Parfois bruit de fond, d’autres fois fidèle compagne, elle joue le rôle qu’aura décidé l’auditeur. Elle entre dans nos vies aussi vite qu’elle en sort, elle ondoie, s’envole et s’éparpille, inlassablement.

E.P