Editorial du 20 au 27 janvier

vendredi 20 janvier 2017 par Radio-Grésivaudan

Entre H3M2 et primaires de la gauche, que choisir pour éditorialiser sans rebattre les oreilles de lecteurs dont je sais qu’ils sont déjà sur-informés. C’est au quotidien Le Monde (1) que je dois d’avoir échapper à l’angoisse de l’éditorialiste devant l’absence de sujet méritant son intervention et ses commentaires.
Eblouissement à la lecture de ce simple titre : « Des catholiques veulent rendre à l’église sa virilité ». Enfin du lourd, du compact, du neuf, de l’excitant pour ceux qui comme moi sont fascinés par le spirituel, et dont la mission est de le faire vivre. Si l’on ajoute que, parallèlement, une enquête sociologique rapportée par le même quotidien (2) s’est intéressée aux catholiques , regroupés par les auteurs en 6 « tribus », alors on est comblé. Et si l’on prend le temps de croiser ces deux approches, alors il faut bien en convenir, une mutation est en cours.
Comment expliquer ce surgissement soudain de la masculinité dans l’univers catholique. Car c’est bien de ça dont il s’agit : un hymne à la masculinité, masculinité qui aurait été blessée dans et par l’église et dont il faut ranimer la substantifique flamme. Est-ce dû à une soudaine attaque d’AMLA (3), à une fréquence accélérée et pernicieuse de flaccidité pénienne au mauvais moment ? Il ne fait aucun doute que pour les auteurs de cette nouvelle et décoiffante attitude , que ce recours au concept d’une masculinité pure et dure apparaît comme le premier devoir du mâle catho. Foin de cette église féminisée et castratrice dont le discours gnangnan amollit le meilleur de nous-mêmes, les hommes.
« En avant , couilles ! » pourrait être le slogan de cette nouvelle génération . Et nul doute que les femmes , dans une conception nouvelle de leur rapport avec les hommes y trouveront aussi leur compte . C’est tout du moins ce que suggère un des prêtres en pointe dans cette conception de l’homme catho qui doit « retrouver son animalité ». On voit là comme un écho aux dernières déclarations de Donald Trump - même s’il s’agit d’une personnalité proche des évangélistes texans- pour qui « les femmes, il faut les prendre par la chatte ». Bel hommage à la masculinité , à une animalité trop longtemps étouffée par une mixité castrant les désirs profonds. Et si ce nouveau discours se traduit par une nouvelle praxis, peut-être peut -on espérer une amélioration du statut des garçonnets de 8 à 14 ans soumis depuis des décennies , urbi et orbi, à de fortes pressions de la part d’un clergé trop maternant , amolli par une église féminisée ayant renoncé à exalter la virilité de Jésus.
Et l’on ne peut que se réjouir (en attendant de jouir comme des lapins) devant ce déploiement d’initiatives où laïcs et prêtres rivalisent de créativité pour organiser des stages , des camps pour hommes, afin de les aider à retrouver leur rôle dans l’église et dans la société. Un de ces stages propose même des séances de « décapsulisation ». Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’intervention sur le prépuce, mais de faciliter la prise de conscience de leur masculinité, du combat à vivre et à mener pour conquérir la belle.
Enfin, si l’on en croit le père de Maistre, pour les nouveaux militants de la masculinité l’implantation de l’islam en France contribue à troubler l’identité des mâles cathos. « L’islam se développe sur ce manque de virilité des mâles chrétiens. Ils posent ces questions. Ils nous demandent : pourquoi n’êtes-vous pas plus forts ? Ils ne comprennent pas qu’on rentre la tête dans les épaules ».... et nos pénis , où ça ? Pour ce qui me concerne : secret défense.
Restons en là pour aujourd’hui. Affaire à suivre cependant , en attendant l’assomption du nouveau mâle chrétien au zénith de la masculinité bien tempérée (mais pas trop) . Je vous quitte car Fernande m’attend, et je ne fais jamais attendre Fernande.
Hosanna !

Le décapsulé de service

MA

2 pluviôse CCXXV

1- Le Monde du 28-12-2016
2-Le Monde du 13-01-2017
3-Angoisse Métaphysique Liée à l’Âge